Agrandir, à défaut de pouvoir construire
Le projet. Cette maison en bois a été construite en 6 mois. Elle a nécessité un peu plus de matières premières qu'une réalisation classique, mais possède aussi plus d'inertie thermique pour accentuer le confort en été, accumuler la chaleur et la restituer avec un décalage dans le temps. Les murs en panneaux de Leno (bois massif contrecollé) sont isolés avec 80 mm de laine de bois à l'extérieur et 45 mm de laine minérale à l'intérieur. Les planchers sont protégés avec de la ouate de cellulose.
Au départ, les propriétaires avaient demandé un permis de construire pour une maison dans le jardin, en contrebas, qui a été refusé car la zone est inondable. L'architecte Marc Lafagne leur a proposé une solution de repli. L'idée, réaliser une extension dans le prolongement de la maison existante (construction de plain-pied, à gauche sur la photo), surmontée au centre d'une boîte accueillant deux nouvelles chambres et une salle de bains. Elle a été édifiée sur la plate-forme existante tout en conservant le mur de soutènement en pierre d'origine. La dalle de la partie droite hors sol a été posée sur des plots en béton. La maison alterne bardage en mélèze non traité et panneaux FunderMax, un stratifié composé d'un mélange de sciure de bois et de résine. À l'intérieur, la jonction entre les différents bâtiments est créée par la galerie sur laquelle donne l'entrée.
La maison se compose de trois espaces principaux qui s'articulent autour de patios et d'une zone de circulation. L'architecture se joue des pleins et des vides. Comme une galerie, le sas de l'entrée sert de liaison entre les bâtiments, qui, visuellement, n'en forment plus qu'un à l'extérieur.
Comment est née l'idée de la forme étirée de l'habitation ? Nous avions acquis la petite maison située à gauche sur le terrain. Nous l'avons d'abord habitée en l'état, car étant en zone inondable, notre premier projet n'était pas réalisable. L'architecte Marc Lafagne nous a proposé de bâtir sur la partie non inondable et d'étendre la construction d'origine en s'appuyant sur le pilier de l'ancien atelier qui se trouvait à droite. Aujourd'hui, notre première maison est devenue le lieu de travail de mon épouse et l'atelier a été démoli.
À l'intérieur, quels matériaux avez-vous privilégiés ? Le bois, c'était notre choix. À l'intérieur, on a joué avec l'aspect déco et apparent des panneaux en épicéa. Certains murs ont été peints, d'autres pas. Par exemple, dans notre chambre, on a gardé l'aspect brut du plafond et aussi sur le mur du couloir. En tant que professionnel de la décoration, j'ai assuré l'aménagement intérieur, la plâtrerie, le doublage des murs, la mise en oeuvre des sols en résine, la peinture, le choix des couleurs, du mobilier, et j'ai pris part à la consultation des entreprises d'électricité et de plomberie. Il y a eu une véritable adéquation entre la conception et les finitions.
Interview du propriétaire, Jean-François
Comment avez-vous optimisé la gestion de l'énergie ? Le chauffage est assuré par un poêle à granulés de bois. Le système de ventilation double flux avec récupérateur de chaleur permet de bénéficier de précieuses calories. Avec des pièces de vie exposées au sud, les apports solaires gratuits sont importants. On fait une utilisation limitée des panneaux électriques radiants dans les chambres et des sèche-serviettes dans la salle de bains. Un peu moins de la moitié de l'eau chaude sanitaire est produite par un ballon chauffé par capteurs solaires, et un complément électrique assure le reste de la production. Enfin, un système de récupération de l'eau de pluie permet d'arroser le jardin ou de laver les voitures.