Le design contemporain titille le classique
Dans le salon, canapé signé Arbus, Patrick Fourtin et guéridon en fer de Pierre Chareau. Sur la cheminée, paire de lampes Art déco, et vases en cristal bleu cobalt... En bas, tabourets en chêne face aux fauteuils "Eléphants". Entre les fenêtres, sur la table attribuée à Sue, Olivier Watelet, Femme nue agenouillée, plâtre de l'Ecole Russe, Christian Sapet. Au-dessus un miroir en bois de Gaëtan Labègue et Jérôme Faillant-Dumas. De chaque côté de la porte, guéridons, années 1940 et vases Médicis en opaline montés en lampe.
L'histoire de cet appartement 3/3 : Cette approche esthétique, loin des diktats éphémères, génère des intérieurs très personnels. "Je déteste le côté "showroom", le "total look". Je suis adepte des mélanges, des contrastes : les belles pièces se trouvent des affinités électives, naturellement". Encore faut-il y ajouter un chef d'orchestre talentueux pour jouer la partition... Jérôme Faillant-Dumas est de cette trempe ! "Dans cet appartement aux proportions harmonieuses, je suis peu intervenu au niveau de la restructuration, mis à part la refonte de la salle de bains, dans le goût "carreaux blancs" de Raynaud et la création d'une cuisine ouverte très fonctionnelle. J'ai, par contre, discrètement travaillé la couleur des murs". Si l'ensemble revêt un ton mastic délicat, l'entrée s'habille d'un bleu passé très raffiné, et la chambre des filles, d'un rose dragée, mièvre en aucun cas ! "Chaque meuble, chaque objet, chaque tableau a été choisi et possède une résonance affective qui reflète véritablement les aspirations des maîtres de maison..." précise notre décorateur. Serait-ce son milieu familial - son grand-père peintre, sa mère au laboratoire du Louvre - qui insuffla à Jérôme Faillant-Dumas son goût (très sûr...) ? Ses débuts chez Chanel et douze ans passés chez Yves Saint Laurent l'auront, dans tous les cas, définitivement marqué d'une empreinte indélébile !