L'art de détourner les objets
Dans la réception, le plafond bleu peint à la détrempe. Un morceau de pressoir fait office de table basse entre deux rangées de fauteuils Transat en chêne, Inox et cuir dessinés par Pierre Bouvier. Grâce à des artisans locaux, l'architecte imagine et édite en petites séries des meubles dont les lignes pures se marient à la sensualité des beaux matériaux.
L'histoire de cette maison (2/3) : Pour ce lieu d'exception, Pierre Bouvier s'empressa d'imaginer un mobilier sur mesure : des lits aux poignées de porte, en passant par les appliques, les tisonniers et les rafraîchissoirs ! Son style ? Minimal, ingénieux, sensuel grâce à l'usage de matériaux nobles - pierre, cuir, bois massif, placages précieux, métaux patinés -, et nourri de l'oeuvre des grands architectes et ensembliers des années 1930 : Robert Mallet-Stevens, Jean-Michel Frank ou Paul Dupré-Lafon. Sans oublier une discrète touche japonaise : Pierre n'est-il pas le digne neveu de l'écrivain-voyageur et photographe Nicolas Bouvier ? De la réception accueillante avec ses transats en cuir et noyer, ses tommettes anciennes exhumées du grenier et son beau plafond bleu peint à la détrempe, on gagne les chambres ouvertes sur les vignes. Murs en chaux et plâtre cirés, parquet rétifié chocolat, lit-dressing en noyer et lampes en tissu de laiton cuivré : elles sont toutes aussi chaleureuses qu'astucieuses. Comme ce bureau en chêne et noyer, dont les tiroirs permettent, mine de rien, de ranger au cordeau chemises et chaussettes ! Même souci du détail dans le cuvier high-tech, dont l'Inox rutilant tranche avec les murs en sapin brut - habituellement dévolu aux caisses ! - de la Vinothèque.