Architecture sculpture pour ce chalet dans Les Aravis
Pour cette architecte qui préfère rénover plutôt que bétonner la montagne, la structure bois offre mille possibilités, plus souple, plus chaleureuse. "Je voulais redessiner une ferme authentique sans tomber dans le pastiche, surtout pas dans l'ostentatoire, qu'elle semble toujours avoir été là !" explique-t-elle. Dans les chambres, au premier étage, où se trouvait l'ancien fenil, elle a joué avec les solarets, ces bardages ajourés qui permettaient autrefois de ventiler le foin. Dans l'extension préexistante - l'ancienne étable -, elle a imaginé un espace qui abrite le "lavoir de nage", l'atelier et une petite chapelle toute blanche, "comme un ventre, tout en courbes", qu'un artisan a staffé. Elle a imposé des murs à la chaux, bienvenus pour "illuminer" l'intérieur, tout en vieux bois, et éviter le côté boîte ! Partout des bibliothèques astucieuses, en hauteur dans le salon au-dessus de la baie, en niches dans la montée de l'escalier, pour ranger les nombreux ouvrages. Dans la cuisine, le plan de travail en quartzite, très contemporain, avec ses zébrures comme dessinées à la pointe graphite, contraste avec les façades en bois brut et trouve un écho dans les portraits de vaches, à l'encre de Chine, d'Agathe Stefani. Un sol en briquettes de terre cuite, le granit du Mont-Blanc de la marbrerie Laurenzio à Combloux pour les cheminées, partout un fil LED qui souligne l'architecture plus qu'il illumine... "Nous étions très en phase sur les matériaux", commentent en choeur les deux femmes, qui ont découvert qu'elles avaient toutes les deux étudié à Nantes, aux beaux-arts pour la propriétaire. Dans un atelier tout blanc, très pur, notre artiste travaille toujours sur ses graciles sculptures en acier, des silhouettes de Chartreux encapuchonnés, mais elle taille aussi désormais des blocs de béton cellulaire de crêtes saillantes et croque au pastel à l'huile la faune de la montagne. Un nouveau chemin artistique.
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En photo : la console de l'angle du chalet reprend le porte-à-faux du balcon à solarets. Le mélèze neuf se patine rapidement et se fond avec la teinte des façades en vieux pin.