Jeanne Bayol et son compagnon Jean-Marie ont repéré le mas de Griffeuille il y a quelques années déjà, alors qu'il était la propriété inhabitée du neveu du médecin Victor Lèbre, connu pour avoir été celui de Jeanne Calment, décédée à 122 ans. Précédant les corridas, de nombreux repas s'y déroulaient, cuisinés par Paulette Lèbre, et qui réunissait le Tout-Arles. Fille du peintre Joseph Bayol, Jeanne Bayol est depuis toujours fascinée par l'art et captivée par les ateliers d'artiste. Elle aime confectionner des récits, multipliant les projets comme elle multiplie les volants. Leur nouvelle aventure, trame d'une autre histoire, est celle de cette maison élue par Van Gogh, qui lui portait un regard romantique, voyant en elle l'utopie d'un ancrage, d'un chez-soi, d'un refuge. "C'est un rêve que l'on a été cherché. Nous l'avons guettée pendant des années, attendant qu'elle devienne accessible. Elle est habitée par de bons génies. Tout est douceur, espace et sérénité. Quand on rentre, il y a quelque chose qui vous enveloppe." Par chance, étant passée par peu de propriétaires, elle a conservé ses volumes, ses pierres, ses carrelages. "Nous avons même retrouvé des papiers peints sous des revêtements plastifiés dans ce qui fut le cabinet du docteur Lèbre dans le salon du premier étage." Jeanne Bayol poursuit l'histoire au présent de ce mas qui a résisté à l'urbanisation et à la destruction. "Je réveille son âme provençale, entre une maison de maître et un mas camarguais." Murs à la chaux afin qu'ils respirent, meubles chinés comme s'ils avaient toujours été là, tableaux de paysages provençaux de peintres qui auraient pu être de passage, rideaux de Madeleine Castaing donnés par son ami Armand Ventilo et d'autres de Pierre Frey, assiettes dépareillées rappelant les services de grands-mères et argenteries diverses dont on aurait pu hériter, Jeanne Bayol renoue avec un passé imaginaire qu'elle inscrit dans le présent.
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