Une maison abandonnée devenue un havre de paix immaculé
Tout a commencé par une balade, une annonce, une maison abandonnée du XVIIIe. À proprement parler, une ruine ! Mais pas n'importe où... en Algarve et en pleine ville, avec un terrain en friche clos de murs, blottie entre une avenue, une rue et un passage piétonnier. Très vite, Juan Trindade et sa femme, Sylvie Perrin, se sont laissé emporter à rêver. Cet endroit prêt à revivre s'offrait à eux. Juan Trindade est un enfant du pays. Architecte d'intérieur, il habite et travaille à Paris où il redessine des locaux pour d'importantes sociétés, comme Chanel, Sanofi ou bien, tout récemment, le siège social de Maroc Telecom à Rabat. Mais il est né en Algarve et plus que tout il aime la chaleur et le soleil. Déjà il avait là une maison de vacances vernaculaire sur deux hectares d'oliviers, de caroubiers et d'amandiers... Trop vaste et devenue avec le temps lourde à gérer, Juan n'a pas hésité une seconde à troquer une belle vue mer contre un patio en ville aveuglant de lumière. C'est donc sans regrets qu'il se lance dans le projet et s'attelle au gros oeuvre. Le couple voulait un espace simple, clair et contemporain. Pour le bâtiment principal, seule la façade XVIIIe a été conservée alors que l'intérieur a été totalement évidé et restructuré. Un ancien puits a été toutefois épargné, arasé au niveau du sol, recouvert d'une dalle de verre pour continuer à fournir l'eau d'arrosage et de la piscine à débordement positionnée au centre du patio. En revanche, en face, un second corps de bâtiment a été construit de toutes pièces pour héberger les amis. Si les lignes architecturales sont ici résolument épurées, Juan Trindade a aussi préservé un savoir-faire portugais de toujours en recouvrant la façade d'azulejos. Il a dessiné lui-même les carreaux en faïence avec un motif triangulaire vert et blanc et les a fait réaliser artisanalement comme au XVIIIe par la Fábrica de Cerâmica de Sant'Anna à Lisbonne. À l'intérieur, Juan et Sylvie ont privilégié la déco sobre et le minéral. Tous les sols, dedans-dehors, sont en marbre Pinta Verde du Brésil, les murs uniformément blancs juste réveillés par un unique vert fraîcheur. Peu de meubles, mais une étonnante collection de sièges design, grandeur nature et miniatures, et nombre de rangements faisant corps avec l'architecture tels ces placards intégrés sous l'escalier ou ceux qui encadrent la cheminée. Rien ne vient heurter l'harmonie et la légèreté des pièces. "C'est un lieu de paix" et on veut bien croire ce que Juan nous raconte !
En photo : autour d'un patio dallé de marbre où trône la piscine à débordement, deux bâtiments se font face. Celui de la maison principale ultrablanche et celui de la maison d'amis tapissée d'azulejos. Fauteuils Patricia Urquiola, Kettal. Tabouret-vase vert, Kettal.