Le séjour profite d'un beau feu de cheminée
Pourquoi vous êtes vous lancé dans la réhabilitation de ce chalet ?
Pierre Cellier : J'étais agent immobilier à Paris depuis de nombreuses années, mais ayant grandi à Aix-les-Bains, à l'approche de la quarantaine, l'envie de retrouver le calme de la montagne s'est révélée une question de survie. J'ai choisi la région de Megève, où je m'étais fait un réseau d'amis depuis quelques années. Je rêvais d'un petit chalet au sommet de la montagne, une agence immobilière m'a proposé un grand chalet au pied de la montagne. Dès la première visite, j'ai dit oui !
Quelles étaient vos lignes directrices ?
La charpente en pin d'origine construite en 1906 était en très bon état, ce qui m'a vraiment rassuré ! Mais ses 650 mètres carrés étaient occupés par cinq appartements vétustes installés dans les années 1980... Au rez-de-chaussée, de vieilles étables et des écuries étaient encore là ! Devant l'ampleur des travaux, j'ai imaginé transformer cette bâtisse en chalet de luxe à louer. Pour respecter sa forte identité, il fallait conserver l'esprit de la ferme d'origine. D'où le choix de remonter un toit galvanisé, d'enlever tout le ciment pour ravaler l'ensemble à la chaux... Il fallait aussi choisir des essences de bois provenant pour la plupart de stocks d'anciens mazots démolis, comme sur les murs de l'étage principal pour lesquels chaque planche de bois a été sélectionnée et traitée une à une avec une infinie minutie. Avec les meilleurs artisans de la région, nous avons utilisé des matériaux écologiques, en particulier pour l'isolation. À l'intérieur, il était évident qu'il fallait mettre en valeur la charpente, véritable joyau du chalet.
Côté déco, vous aviez des idées précises ?
Pour la décoration, je dois tout à Béatrice Cerboneschi : les structures métalliques, l'éclairage... c'est elle ! Nous avons travaillé ensemble la restructuration des volumes, mais elle a dessiné les rambardes, les escaliers, et choisi la plupart des meubles et des tissus. Elle a traité chacune des six chambres avec une essence de bois différente, des essences plus sophistiquées que celle de l'étage principal. Elle a pensé l'éclairage très en amont des travaux : en fine connaisseuse, elle s'intéresse à toutes les nouvelles technologies. Le résultat est magnifique la nuit venue...
En photo : Les escaliers structurent l'espace. Vue depuis la cuisine sur le salon central. Rambarde dessinée par Béatrice Cerboneschi et réalisée par Christian Rey, ferronnier à Saint-Nicolas-la-Chapelle.