Ambiance cantine pour l'espace restaurant de l'hôtel La Co(o)rniche
"Tu verras, c'est le plus bel endroit au monde !", m'avait prévenue une amie à mon arrivée au Pilat. La Corniche, premier hôtel construit par l'entrepreneur Louis Gaume dans les années 20, venait de se métamorphoser sous la houlette de Philippe Starck, gagnant un (O ! admiratif au passage. C'était en 2010, La Co(o)rniche, établissement de luxe, faisait la une des magazines, les beaux jours des habitués du Bassin et, déjà, affichait complet. À sa tête, un couple discret, travailleur et éminemment sympathique, William et Sophie Téchoueyres. Lui, ancien international du XV de France, mais aussi pro de la restauration, avait à son actif un bar à Bordeaux, les casinos de Biscarrosse, Mimizan, Lacanau, un restaurant à Pessac avant de redresser, sur le front de mer, l'incontournable Café de la Plage. Et c'est tout naturellement, main dans la main avec la famille Gaume, propriétaire du lieu, et le designer Philippe Starck, grand amoureux du Bassin, qu'il relève le défi de cette réhabilitation. Autant dire une réussite !
Bien sûr, il y a l'emplacement, absolument unique, au pied de la dune du Pilat, face au banc d'Arguin le plus vaste banc de sable du littoral et à la pointe du Cap Ferret. Mais il y a aussi les aménagements extérieurs, peaufinés dans les moindres détails et matériaux pour s'intégrer le plus discrètement possible et sans ostentation dans le paysage. Ainsi la terrasse en bois, qui fait la part belle au sable, ou la piscine d'eau de mer dont la forme reprend celle des viviers ostréicoles et qui se confond à perte de vue avec l'Océan. Trois ans plus tard, ce lieu déjà magique s'agrandit en se dotant de dix-huit nouvelles chambres de 45 mètres carrés chacune, installées deux par deux dans des cabanes de bois inspirées du village ostréicole de l'Herbe.
À l'intérieur, de luxueux bungalows tout en harmonie de taupe, blanc, gris perle et rose poudré (codes couleur chers à l'hôtel) avec lits "king size" et terrasses face à la vue... époustouflante ! Mais si l'on ne séjourne pas à l'hôtel, il faut au moins venir se repaître, en début de soirée, du spectacle saisissant et toujours en mouvement de ce merveilleux paysage d'eau et de sable. Là, si possible en première ligne sur les bains de soleil posés dans le sable, à l'heure de l'apéritif (on vous recommande la sangria blanche, dont le barman a le secret !), le temps semble s'être suspendu jusqu'à l'instant, magique, que tout le monde ici attend, où le soleil plonge définitivement sa face orange dans les eaux du Bassin.
En photo : table haute avec pieds bois et plateau en marbre arabescato, Interna, sur un dessin de Philippe Starck. Fauteuils hauts, Emeco, suspension "Luftschiff", Functionals. Au sol, carreaux de ciment à motifs, Carocim.