Des poupées enchantées...
"Le Jardin d'Hiver", vestes "Bar" et jupes en tulle, Dior Croisière 2013.
L'histoire :De fil en aiguille, les petites mains Dior : Brunes ou blondes, elles ont l'oeil brodé qui pétille, les lèvres rouge ou rose vibrant qui sourient. Si désirables... Dans l'atelier effervescent des "petites mains" de la maison Dior, savent-elles, ces soixante-quatorze poupées glissées dans une toile piquée d'épingles - première étape d'un iconique tailleur "Bar" - ou dans une robe fleurie bouillonnante - que signa Yves Saint Laurent pour Dior - ou encore dans des flots de tulle ou de faille de soie ... - répliques miniatures signées John Galliano ou Raf Simons - qu'elles sont appelées à s'en aller patiner sous la tour Eiffel, micro-Lady Dior de cinq centimètres au poignet, s'envoler au-dessus des toits de Paris en montgolfières, danser à l'Opéra ou se régaler de Fête Foraine... Enchantant lesvitrines de Noël du grand magasin.
L'histoire (suite) : Retraçant l'histoire de la mythique maison Dior. Les "petites mains" de l'atelier, elles, le savent. Elles qui ont donné le même précieux savoir-faire dans la réalisation des modèles miniatures, puisés dans les archives d'hier et d'aujourd'hui. De la haute couture appliquée aux corps des poupées.
L'histoire (suite) : "Exactement le même travail, disent-elles. Avec, en plus, le temps d'adaptation donné au premier modèle compte tenu de la différence d'échelle. Avec aussi les difficultés des épingles... trop grandes. C'était comme un retour en enfance. On se rappelait que, toutes, nous habillions, petites, nos poupées dans des chutes de tissu. On avait l'impression d'avoir des mains de géantes".
L'histoire (suite) : En fil rouge... la Parisienne : Les poupées ne savent pas non plus qu'elles sont nées dans l'imaginaire du directeur artistique du Printemps, Franck Banchet, il y a... dix-huit mois, fusionnant avec le thème "Inspirations parisiennes". "Nous avons voulu nous recentrer sur les valeurs du Printemps : élégance, patrimoine, innovation, partage. Et la Parisienne étant un de nos marqueurs forts, nous n'avons pas eu à chercher longtemps.
L'histoire (suite) : Monsieur Dior est 'le' symbole de la Parisienne. Nous nous sommes nourris de l'esprit Dior pour imaginer, dans nos vitrines, sous forme de tableaux, une balade parisienne". Fil rouge, un emblème est né, croisant les codes de Dior, du Printemps et de Paris. Médaillon, roses, muguet, gris - code couleur de Dior - rencontrent le rose du Printemps, sur fond de marqueurs de Paris, tour Eiffel, roue de la place de la Concorde, fontaine Wallace surmontée par le dôme du grand magasin, et Parisiennes en veste "Bar". Un an à l'avance, Jean-Claude Dehix, marionnettiste, est sonné. Depuis quarante ans, il est le maître d'oeuvre fidèle et exigeant des vitrines du Printemps. Il essaie d'y infiltrer, dit-il modestement, humour, tendresse, rêve. "Et donner, à travers une attitude, une gestuelle, une personnalité à ces personnages tous identiques". À Montfermeil, dans son lumineux atelier, sur fond pléthorique d'outils peints en rose et de bobines géantes de fil nylon, il étudie, rigoureux et rayonnant, au millimètre près, "ses" patineuses suspendues aux fils. "Elles doivent impérativement être sur la glace et non pas au-dessus ou en dessous. Elles vont faire, pendant toute la durée des vitrines, 900 kilomètres... Le circuit est très compliqué. Et j'ai été obligé de reconstruire la vitrine entière et son plafond. Les dix-huit poupées ont tourné dix jours ici avant d'être parfaitement au point". Il sait qu'il n'a pas droit à l'erreur : chaque jour, 350 000 personnes défilent.
Au fil du défilé Les poupées ne sont pas les seules stars. La mode s'approprie ses cinq vitrines. Sur fond de lustre Saint-Louis et sièges médaillon Dior, des mains gantées de blanc installent sur mannequins, dans la vitrine de l'Opéra, avec une infinie minutie et tendresse, les flots de tulle gris et blanc d'une robe Haute Couture Printemps- Été 2012, gonflant les volumes, caressant le noeud géant rebrodé de jais. Même traitement de faveur pour la robe à godets en organza de soie rouge Dior, Haute Couture Automne-Hiver 2012/13 signée Raf Simons. Et encore pour celle, en dentelle noire sur tulle blanc, et son bustier-corset chair lacé dos, Haute Couture Automne-Hiver 2009, signée John Galliano. Les mêmes mains opèrent dans la vitrine Café de la Gare. Là, montre Dior VIII détournée XXL en horloge, tables de bistro chargées de vaisselle festive, chandeliers en cristal, parfums "Grand Bal"... voisinent avec un tailleur trois pièces en lainage chevrons gris, créé par Monsieur Dior, modèle "Voyageur", Automne-Hiver 1955. À ses côtés, une robe en lainage gris, Haute Couture Automne-Hiver 2012/13, sortie du crayon élégamment graphique de Raf Simons. Quinze jours-quinze nuits d'installation... Le vendredi 9 novembre 2012 à 17 h 30, Marion Cotillard, en manteau du soir "Bar", Haute Couture Automne-Hiver 2012/13 par Raf Simons, coupe le ruban sur l'enchantement. En présence de Paolo De Cesare, président du Printemps, Sydney Toledano, président de Dior Couture, Claude Martinez, président de Dior Parfums. Que la fête commence...A lire. Dior, 30, avenue Montaigne, photos de Gérard Uféras, textes de Jérôme Hanover, éditions Terre Bleue, 352 p, 49 ¤