Objets chinés pour une vitrine colorée
Columbia Road
C'est une destination à part entière, cette rue aux vitrines colorées qui met le feu chaque week-end à ce joli quartier résidentiel aux maisons basses, connu pour son marché aux fleurs du dimanche, belle institution de l'ère victorienne. Aujourd'hui, on peut prendre Columbia Road à la légère, s'y offrir une manucure au Powder Room devant une tasse de thé. Mais cela va bien au-delà : cette rue a une âme. Et, depuis les années 70, des défenseurs passionnés déguisés en vendeurs du dimanche qui ont su la préserver des promoteurs. Comme Robin, le propriétaire philanthrope de la Jone's Dairy, McCaulay de Suck and Chew, retraité de la City à 32 ans qui vend aujourd'hui des bonbons, ou les jolies vendeuses de Treacle, stylistes de mode la semaine, qui travaillent ici le week-end "parce que l'ambiance est super et qu'on se marre entre copines". Le dimanche matin, des messieurs en tweed, des petits garçons en rollers viennent acheter leur bouquet de fleurs. Des cours fermées en semaine s'ouvrent comme par magie, remplies de fripes, brocantes (Ben Southgate), pâtisseries (Lily Vanilli) et musiciens. En famille, en couple, des gens de tous âges savourent un café, un gâteau, un bol de soupe ou, dans la grande tradition de l'East End, quelques huîtres. C'est chaleureux, bon enfant, bobo mais pas trop. La fréquentation de la rue ayant doublé ces cinq dernières années, de plus en plus de boutiques s'enhardissent à ouvrir le samedi, voire le vendredi après-midi.
En photo : Two Columbia Road. Une table de Mathieu Matégot de 1952, un fauteuil jaune du Danois Hans Wegner de 1960, une lampe italienne de Dario Tognon de 1970 : ce sont les trésors que vous risquez de trouver chez Keith Roberts, qui chine à Vanves, en Italie ou en Allemagne de belles pièces des années 50 à 70.