La chambre joue avec les matières et les couleurs dans maison à Paris 6e
Quelle a été votre inspiration pour l'ensemble de ce projet ?
Éric de Rugy, le propriétaire : Je voulais une maison comme un arbre, entièrement lambrissée, avec des niveaux parquetés, pareils à des branches. Et le moins de murs possibles pour mieux communiquer! Du métal, du bois, du verre, très peu de béton, la maison devait être la plus écologique possible. D'où l'utilisation d'une essence locale, le robinier faux acacia, la terrasse végétalisée, la cuisine en papier recyclé et compressé, et un récupérateur d'eau de pluie, dans le jardin à l'anglaise, dessiné par les paysagistes de Mugo.
Jacques Moussafir, l'architecte : Plus que lamétaphore de l'arbre, c'est celle de l'escalier cyclopéen qui me vient à l'esprit. La maison est un escalier dont le noyau contient les salles d'eau, dont la cage est délimitée par les pignons des immeubles voisins et dont les paliers forment des espaces de vie différenciés. Au total, pas moins de dix niveaux, terrasse comprise, de plus en plus intimes au fur et à mesure que l'on s'élève. Le tout dans une seule pièce ! Toute l'astuce a consisté à agencer les plateaux sur des demi-niveaux ou des tiers de niveaux, afin de ne jamais donner l'impression de vivre dans l'escalier comme c'est souvent le cas dans des maisons à étages. Cette topographie intérieure permet de séparer les différents espaces, sans les cloisonner, tout en rendant les circulations fluides.
Pourquoi ces volets en métal dentelé ?
Éric de Rugy, le propriétaire : En raison du vis-à-vis et pour ne pas vivre derrière des rideaux ! Même fermés, les volets laissent parfaitement passer la lumière. Je rêvais d'un camouflage, l'architecte d'un dessin plus géométrique, on s'est accordé sur ce motif végétal stylisé.
Jacques Moussafir, l'architecte : Nous avons dû vitrer l'intégralité de la façade afin de compenser le manque de lumière naturelle, due à la proximité des immeubles et de grands arbres. Et donc prévoir des volets pour assurer l'intimité de notre client et de ses voisins. Nous avons donc occulté les grandes surfaces vitrées par des volets ajourés, en tôles d'acier découpées au laser, et dont les motifs végétaux reproduisent l'effet d'un sous-bois lorsque les rayons du soleil pénètrent à l'intérieur de la maison.
Comment avez-vous pensé son aménagement intérieur ?
Éric de Rugy, le propriétaire : C'est une veste dont j'aimais le vert quia donné le Pantone des bibliothèques ! Une couleur vive pour égayer les meubles intégrés en béton. Les murs de pierres et de briques ont été simplement sablés puis chaulés. Les portes des armoires sont transparentes car, comme toute cette maison sans cloisons ou presque, je n'ai rien à cacher ! Et je voulais que le bloc-cuisine, dans l'îlot central, soit vraiment ouvert sur toute la maison, car je reçois beaucoup, et je veux suivre les conversations de mes invités.
Jacques Moussafir, l'architecte : Pour rendre lisible l'idée d'arborescence, nous avons choisi d'intégrer un maximum de mobilier sous la forme d'armoires maçonnées en béton, accrochées aux murs. Et des rangements, qui s'ouvrent d'une simple pression, intégrés dans les cavités du noyau central. Le choix des matériaux renforce ce principe ; les parois verticales se fondent avec les surfaces et sous-faces des plateaux qui s'y accrochent dans une mono-matière, en parquet de robinier, dont la couleur et le veinage contrastent avec la blancheur et la texture des murs.
Contact de l'architecteJacques Moussafir : Moussafir Architectes. Tél. 01 48 24 38 30 et moussafir.fr
En photo : Le lit a été conçu, comme les bibliothèques et armoires, à la manière de caissons en béton greffés aux murs, égayés à l'intérieur du vert anis cher à Éric de Rugy, linge de lit en lin froissé "Gris plomb", Merci.
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