Canapés violets et fauteuils rouges pour ce salon privé
Jour d'enchères. Cerclée de sable blond, la piste s'éclaire sans éclipser le design. Une foule d'acheteurs, courtiers, éleveurs, entraîneurs, se presse. Mélange de puissance et de fragilité, ils ont fière allure les yearlings qui se préparent à entrer en scène ! Électricité dans l'air, regards affûtés et ordres d'achat répercutés par les "spotteurs". Au premier coup de marteau, la salle des ventes s'anime de passion rouge pur sang. Dans ce théâtre unique, les choix graphiques de François Champsaur sont forts. Ils entrent en résonance avec le choeur d'émotions et l'esthétique de pureté si chers au monde hippique. Habitué à envisager chacun de ses projets dans sa globalité - de l'architecture au détail -, le designer recherche rythmes et harmonies. Il s'approprie les rapports d'échelle et de fluidité de cet espace hors normes, et évalue la puissance de narration des matériaux. Une paroi double peau de tasseaux en pin de 8 mètres sépare la salle des ventes du restaurant. Le pupitre lamellé du maître- priseur trône en son milieu. Toute la question architecturale est réglée autour de la courbe et de subtils jeux de transparence. Cernant le ring, les rangées de fauteuils déploient des camaïeux de rouge. "Il faut que les lieux vides soient beaux, précise François Champsaur, qu'ils puissent envelopper de la même manière dix ou cinq cents spectateurs." À l'image du mélange de simplicité et de sophistication que cultive le monde équestre, indéniablement l'espace est habité... Le spectacle peut commencer.
En photo : Avec leur faux-plafond en îlot auquel font écho une table basse, des canapés et des fauteuils cosy, les confidentiels salons privés chuchotent et frémissent aux premières enchères.