Florence Lopez bouleverse son intérieur
Jamais à court d'imagination, l'antiquaire Florence Lopez s'amuse : "Ce lieu de vie est un théâtre. Depuis vingt ans, j'y joue des pièces à chaque fois différentes, mais toutes correspondent à mes aspirations du moment ". Elle ose des variations chromatiques audacieuses, des accords singuliers en grands aplats. Elle fut la première à utiliser l'espace mural comme un tableau, sur lequel elle revient avec d'autres tableaux... "Mais je n'ai plus envie aujourd'hui de couleurs primaires. Ce style a été beaucoup copié : n'est pas Corbu ou Malevitch qui veut. J'aspire maintenant à des tonalités plus travaillées, plus subtiles ". Son fameux bleu de Prusse décliné en camaïeux de cinq faux tons l'atteste : nous sommes à un virage... Et si les griffes, fameuses ou confidentielles, peuplent son atelier, Florence n'aime rien tant que dérouter en glissant, çà et là, un meuble de provenance inconnue, mais jamais banal. "J'aime par-dessus tout les pièces anonymes. Elles gardent leur mystère, elles donnent du caractère à un intérieur. On les apprécie pour elles-mêmes, sans être influencé par la signature : l'objet pour l'objet ! " C'est le cas de cette modeste chaise en rotin, à l'assise en forme de cible, dans le goût d'un Miró, qui trône dans la chambre de son fils. Ses stores à motifs de perruches multicolores ? "Une réminiscence de ces tissus anglais qui ont peuplé ma jeunesse et habillaient ma mère, passionnée de mode et excentrique avant tout ". Un petit souffle de Palm Spring flotte dans l'air : Florence Lopez est là où on ne l'attend pas ! "Un peu de mauvais goût ne nuit pas, dit-elle, il humanise ". Sa fantaisie et sa patte unique lui permettent d'associer des meubles qui sembleraient, sortis de ce contexte, esthétiquement incorrects... Le style Florence Lopez, c'est à prendre ou à laisser. Nous, on prend ! Florence Lopez. Tél 06 60 44 33 75 et forencelopez.com
En photo : Store à motif de perruches, Nina Campbell. Sur le mur, de gauche à droite, tableau de Franz Beer, 1959, encre de Tom Keogh, 1949, miroir-bijou de Thomas Lemut pour Florence Lopez. Grand canapé d'Edward Wombley, 1956, et lampadaire de Mathieu Matégot, 1950. Devant le canapé, une main sculptée par Philolaos, 1967. Au premier plan, table basse d'Osvaldo Borsani. À droite, banquette- jardinière, pièce unique de William Haines, 1950.