Chez Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste
Son cabinet est voisin de son logement, à Paris. Si bien qu'il "a quelque chose d'un intérieur plus que d'un décor, commente Serge Hefez. J'ai besoin de m'y sentir chez moi". Avec un fauteuil qui pivote, "pour me mettre facilement derrière le divan afin que le patient ne me voie pas, ou au contraire me retrouver en face à face avec lui". C'est donc le psy qui bouge, mais pas les meubles, ni même les objets. "Car tous sont intériorisés par le patient. À commencer par le divan."
Sur quels critères avez-vous choisi votre divan ?
"Je voulais quelque chose de simple, élégant, confortable, sans que cela accapare le regard."
Avez-vous essayé votre divan, comme on essaie un lit ?
"Dès que je l'ai vu, je l'ai essayé."
Votre divan en dit-il long sur vous ?
"Oui. Surtout depuis que j'ai mis dessus des tissus rapportés d'Afrique et deux kilims chinés au Grand Bazar d'Istanbul."
À quel rythme changez-vous de divan ?
"J'ai le même depuis trente ans, que j'ai fait retapisser une fois."
Petite confidence entre amis : "Changer de divan ? Je n'y pense même pas !"
À lire : Le nouvel ordre sexuel, de Serge Hefez (éd. Kero).
Installé dans le IIIe arrondissement de Paris, Serge Hefez utilise toujours le divan qu'il avait acheté en 1983, à l'issue de ses études de médecine. "Je l'avais trouvé chez First Time, rue Mazarine. Pour moi, à l'époque, c'était un investissement à la fois psychique et matériel." Sur le mur, une photo de la plage de Bombay, un 15 août, signée Florent Malézieux.