Qu'est-ce qui évoque votre métier d'écrivain dans votre appartement ?

Tatiana de Rosnay : Rien ! À part la grande entrée peuplée de tonnes de bouquins.

© Tatiana de Rosnay

Vous ne travaillez donc pas chez vous ?

Tatiana de Rosnay : Dans l'un de mes appartements précédents, j'écrivais dans ma chambre. J'ai aussi aimé écrire dans la cuisine, au calme, à 5 heures du matin. Mais aujourd'hui, je grimpe dans ce que j'appelle mon Manderley, en référence au roman Rebecca de Daphné du Maurier, mon auteure préférée.

Où se cache ce Manderley ?

Tatiana de Rosnay : C'est une petite chambre de bonne de 7 m2, située au huitième étage de l'immeuble où je vis. Je suis la seule à en avoir la clé.

Tatiana de Rosnay a pris l'habitude d'accrocher au-dessus de son bureau le plan du roman qu'elle est en train d'écrire.
Tatiana de Rosnay a pris l'habitude d'accrocher au-dessus de son bureau le plan du roman qu'elle est en train d'écrire. © Tatiana de Rosnay

Pouvez-vous décrire ce bureau caché et perché ?

Tatiana de Rosnay : Il a du parquet au sol, des murs nus, pas d'arrivée d'eau, mais une vue spectaculaire sur la tour Eiffel. Mon ordinateur n'est pas connecté. J'ai juste un téléphone, dont personne n'a le numéro. Là-haut, je suis au milieu d'objets qui me sont chers, de photos, de cadeaux, de dessins, de petits cahiers bleus. J'écris sur un bureau d'écolier, chiné 15 euros à Montparnasse. Ma chaise est en bois et peu confortable pour éviter que je ne m'avachisse. J'aime travailler à la dure. Et côté provisions, j'ai toujours des Cachou, du thé, des madeleines, des granny-smith et du chocolat.

Photos, dessins, bibelots... décorent sa chambre de bonne.
Photos, dessins, bibelots... décorent sa chambre de bonne. © Tatiana de Rosnay

Est-ce aussi dans votre Manderley que vous prenez le temps de lire ?

Tatiana de Rosnay : Non. Pour lire, je descends dans l'appartement. Je lis dans ma chambre ou dans la grande cuisine, qui est aussi le QG familial. C'est là que mon mari et mes deux enfants aiment le plus s'attarder.

Et la télé, joue-t-elle un rôle particulier dans votre vie ?

Tatiana de Rosnay : Elle est installée dans le salon. Je l'allume pour regarder toutes sortes de séries.

© Tatiana de Rosnay

Des lieux, des intérieurs sont-ils la clé de certains de vos romans ?

Tatiana de Rosnay : Oui. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire d'un appartement rue de Saintonge, dans le Marais. Quant à mon premier roman, il s'intitulait L'Appartement témoin... Un lieu est primordial pour créer, inventer, imaginer. Une maison, un intérieur, c'est comme une personne : ses murs sont sa mémoire. Mon Manderley est aujourd'hui la clé de mon inspiration : c'est à la fois mon pigeonnier, ma tour et un ailleurs.

Tatiana de Rosnay
Tatiana de Rosnay © David Ignaszewski/Koboy

À lire : Son carnet rouge, de Tatiana de Rosnay (éd. Héloïse d'Ormesson, 15 euros).