La métamorphose passe par le bleu
Collectionneurs passionnés, galeristes et voyageurs, leur enthousiasme insuffle cette vitalité particulière à l'une des vitrines de l'art contemporain du IIIe arrondissement. Un succès qu'ils prolongent en créant une extension plus intimiste, juste en face, la (Deuxième) Galerie Particulière. Guillaume Foucher y porte ce regard croisé sur la création aux côtés de Frédéric Biousse, par ailleurs codirigeant du groupe Maje, Sandro et Claudie Pierlot. Une envie partagée de concevoir un lieu dédié à l'art, sans distance, sans élitisme, les porte à créer ensemble en 2009 un espace mixte entre photographie, sculpture et dessin. Ils entendent désacraliser l'art, d'où la convivialité de leurs galeries tournées avant tout vers des oeuvres "coups de coeur". Les immeubles photographiés par Michael Wolf, les étranges sculptures en plumes de l'anglaise Kate MccGwire, les dessins d'Ethan Murrow ou encore les portraits de Claudine Doury, font l'essence des lieux et donnent le ton. Une annexe de leurs galeries ! Vivre à deux pas de la Galerie, deviendra réalité à la lecture d'une petite annonce vue dans la presse. Deux étages vierges, à investir, non communicants à l'époque, flanqués d'une grande terrasse en rez-de-jardin déclenchent le projet. Une aubaine, ils sont en quête d'un lieu modulable, capable de mettre à l'honneur leur collection personnelle de photographies qui puisse servir ponctuellement d'annexe à leur activité et réunir artistes et collectionneurs lors d'événements spécifiques au sein de leur galerie. "C'est ainsi que l'endroit se vit aujourd'hui, il offre des correspondances idéales entre travail, passion et quotidien". Deux appartements contre une maison. Aux commandes de cette métamorphose, l'architecte Anthony-David Tuil relance les liens entre les différents volumes et souligne la fluidité : "Deux points forts : il fallait gommer la sensation d'être dans deux appartements différents et reconnecter les pièces des deux étages entre elles comme dans une maison, en donnant l'illusion que cela avait toujours existé. Mais aussi, révéler l'histoire du bâtiment, créer l'impression d'avoir réalisé des travaux dans une maison ancienne pour réveiller l'âme des lieux quasiment disparue. J'ai donc associé aux poutres existantes un parquet en chêne vieilli au sol pour forcer le trait dans la partie d'origine. L'épure brute du béton prend le relais côté contemporain. L'ensemble s'articule autour d'un mur ligné en staff qui forme un bloc monumental disloqué sur toute la hauteur, liant étage inférieur et supérieur autour d'un repère commun. Ce module en laque blanche reflète la lumière extérieure, il apporte une belle vitalité au coeur de l'espace à vivre et dynamise l'ensemble avec force." La Galerie Particulière. 16, rue du Perche, 75003. La (Deuxième) Galerie Particulière. 11, rue du Perche, 75003. Tél. 01 48 74 28 40 et lagalerieparticuliere.com
En photo : Dans le bureau, au-dessus d'un meuble de rangement, Poliform, photographie de Michael Wolf, la Galerie Particulière, canapé en cuir, Nordik Galerie, lampadaire "Fork Ivoire", Diesel pour Foscarini et tapis, Toulemonde Bochard. Peinture, Farrow&Ball.