
Sommaire
- Oubliez les a priori et observez la lumière dans la pièce
- Les couleurs propices pour un bureau où l’on reste concentré
- Les teintes à privilégier dans un bureau où se libère la créativité
- Les différentes façons d’amener la couleur et de structurer un coin bureau
- Couleurs du bureau : les précautions à prendre en travaillant sur un écran
- Dans un bureau d’enfant, les couleurs sont gages de réconfort et de créativité
Comme une extension de nous-même, le bureau doit avant tout nous ressembler. «Il n’y a pas de couleurs à proscrire, mais des principes à suivre, explique Estelle Quilici, décoratrice d’intérieur et autrice de La décoration des émotions (Flammarion). Pour choisir une couleur, il faut savoir se projeter, imaginer et comprendre son langage.» Autrement dit, il faut d’abord savoir s’écouter pour mieux cerner l’atmosphère qui nous correspond. «Quand certains ont besoin d’un environnement neutre et apaisé pour rester concentrés, d’autres sont plus productifs dans un univers visuellement stimulant, prévient Alexandra Jouen, responsable création et style chez Plum Living. La bonne couleur reste avant tout celle qui soutient le rythme, l’énergie et la sensibilité de la personne qui utilise le bureau au quotidien.»
Une fois l’esprit du bureau posé, il est évidemment nécessaire de prendre en compte la pièce, l’énergie souhaitée pour le lieu (apaisant, créatif, studieux, etc.) et l’harmonie d’ensemble. Afin de mieux comprendre quelle serait la couleur idéale pour un bureau, Estelle Quilici et Alexandra Jouen nous livrent leurs conseils éclairés.

Oubliez les a priori et observez la lumière dans la pièce
En guise de point de départ d’une réflexion sur la couleur, il est essentiel d’après Estelle Quilici d’oublier les fausses bonnes idées et les a priori. Le blanc n’est pas une valeur sûre pour un bureau et n’agrandit pas toujours la pièce. Et à l’inverse, une pièce sombre n’a pas forcément besoin d’être éclaircie. Au lieu de cela, la décoratrice d’intérieur conseille de suivre l’un des deux grands principes pour la couleur en s’attardant sur l’orientation de la pièce. «La lumière est déterminante : une pièce très éclairée rendra toujours une couleur plus claire, précise t-elle. On peut donc oser monter en intensité si l’on veut une vraie présence chromatique. À l’inverse, au nord, les couleurs tirent vers le vert ; un gris peut devenir kaki dans une pièce sombre. C’est une contrainte… mais aussi une richesse.»

Les couleurs propices pour un bureau où l’on reste concentré
Parmi les besoins les plus courants dans un bureau, travailler sans se disperser est essentiel pour certains. La couleur va aider à trouver une sérénité et à avancer dans sa tâche en restant concentré. Là encore, l’émotion et le ressenti sont à la base de la réflexion. Selon les personnalités, certaines familles de couleurs vont favoriser un lieu calme. «Il n’y a pas une couleur de la concentration, mais une émotion de base, confie Estelle Quilici. Moi, par exemple, la nostalgie m’apaise : je travaille volontiers dans des bordeaux, des lie-de-vin, des teintes très british, feutrées, qui m’enveloppent.»
Elle aime préconiser les teintes sombres, telles que le gris plomb, le marine profond, le vert anglais capable de créer un climat de calme, de classicisme ouaté. Ces tons invitent à penser, à se poser, à lire ou à étudier. Ils absorbent l’agitation visuelle et permettent de rester longtemps dans une tâche.


Les teintes à privilégier dans un bureau où se libère la créativité
À l’inverse, certaines personnes travaillent dans des domaines où l’imagination a une place importante et l’environnement du bureau ne doit pas dégager un sentiment limitant. Afin de stimuler et porter une belle énergie, la décoratrice d’intérieur propose de s’appuyer sur toutes les teintes qui vibrent mais qui restent maîtrisées, rappelant que «la créativité a besoin de joie». À commencer par «les verts heureux : pas les vert-de-gris mais les verts vivants, avec une pointe de jaune, qui apportent une énergie douce, naturelle, rassurante.»
Autre piste à suivre, les jaunes sont le rayonnement, la lumière, l’audace. Ils stimulent l’esprit. Dans un registre plus léger, les roses représentent la gourmandise, l’enfance, la spontanéité. Ils ouvrent l’imaginaire. Estelle Quilici nuance en rappelant qu’ils s’utilisent avec mesure : dans un détail, une niche, une porte intérieure, pas nécessairement en all over.


Les différentes façons d’amener la couleur et de structurer un coin bureau
Comme il n’y a pas une couleur idéale dans un bureau, il existe de nombreuses idées pour imaginer un espace coloré et personnalisé, d’autant que le lieu peut représenter un recoin dans la pièce ou un véritable espace à part. Alexandra Jouen nous aide à mieux comprendre la démarche à adopter. «L’emplacement du bureau dans l’intérieur est déterminant. Lorsqu’il s’intègre dans une pièce de vie - salon ou chambre - on peut choisir de le fondre dans le décor avec une teinte proche de la palette existante, en camaïeu harmonieux, ou en reprenant une essence de bois déjà présente afin de créer une continuité visuelle. À l’inverse, le bureau peut devenir la pièce maîtresse en choisissant une couleur plus affirmée, qui attire le regard et structure l’espace.»

Afin de délimiter un coin bureau au sein d’une pièce, l’experte propose de faire appel à la peinture, à la fois simple et efficace ! Elle partage quelques idées comme prolonger la peinture du mur sur une partie du plafond et des murs pour créer une boîte colorée dédiée au bureau, tirer parti d’une niche pour y glisser un plateau de bureau et la mettre en valeur via la couleur ou peindre le soubassement derrière le bureau. Autre alternative, intégrer le bureau au dressing pour créer un ensemble qui combine plusieurs fonctions et n’empiète pas sur le reste de la pièce. Au sein de cet agencement 2-en-1, on peut alors faire en sorte d’identifier le coin bureau en un clin d’oeil en jouant la carte du bi-matière : plateau en bois et portes de dressing colorées.

Couleurs du bureau : les précautions à prendre en travaillant sur un écran
Problématique courante aujourd’hui, travailler implique souvent d’être assis derrière un écran, source lumineuse froide et intense. Afin d’éviter de stimuler davantage le regard, Estelle Quilici conseille d’atténuer le décor et d’éviter les couleurs trop vives, saturées comme un rouge franc, un orange éclatant ou un jaune acide qui excitent l’oeil alors qu’il est déjà sollicité. «Je privilégie des teintes feutrées : gris sourds, verts doux, bleu-gris, rose poudré, confie-t-elle. Elles absorbent la lumière, limitent les reflets, installent un silence visuel. Ce sont des couleurs qui tiennent compagnie sans s’imposer, idéales pour la réflexion et sur la durée. Elles rejoignent l’univers des teintes sombres propices à l’étude et à la pensée.» Thème lié à la couleur, la lumière est aussi à penser avec soin. La décoratrice d’intérieur recommande de multiplier les sources douces plutôt qu’un seul plafonnier et d’éviter un éclairage trop blanc qui fatigue autant que l’écran.

Dans un bureau d’enfant, les couleurs sont gages de réconfort et de créativité
Dès le plus jeune âge et jusqu’à l’adolescence, un enfant a besoin d’un bureau où faire ses devoirs mais aussi dessiner, laisser aller son imagination, créer ou construire. Élément majeur pour façonner un espace qui lui ressemble et lui permette de se sentir en sécurité tout en laissant sa créativité vagabonder, la couleur évolue avec l’enfant pour un bureau qui accompagne son monde intérieur.
Concrètement, Estelle Quilici nous explique sa façon de faire : «Je pose toujours une base rassurante : bleus doux, verts tendres, bleu-vert grisés. Ce sont des couleurs d’horizon, de nature, de stabilité. Elles apaisent et structurent. Ensuite viennent les touches de joie : un jaune lumineux, un rose gourmand, un vert plus vif mais par petites zones. La joie doit être une surprise, pas un brouhaha visuel.»

>> Pour aller plus loin : La décoration des émotions, d'Estelle Quilici (Flammarion)




















