Blancheur balnéaire au salon pour cette maison de famille en Espagne
Enserrée dans les frondaisons vert émeraude, la maison de famille se devine. Un bâtiment composite, édifié dans les années 1970 en Pays basque espagnol par les parents de Gabriel Calparsoro. Néocoloniale avec ses persiennes et ses jalousies ? "Miami style" dans sa blancheur balnéaire ? On ne saurait dire... Au fil des ans et pour loger trois générations, elle vivra des extensions diverses et moult aménagements. Une demeure "à tiroirs" !
C'est le Cabinet 555 en charge de projets d'architecture et d'architecture intérieure qui, sous la houlette de l'architecte José Gorritxo et de Gabriel Calparsoro, réalisera ses mutations. Le terrain situé dans les hauts de Hondarribia (Fontarrabie) domine le golfe de Vizcaya, en mer Cantabrique. De belles percées sur l'estuaire de la Bidassoa, des vues sur les contreforts agrestes du mont Jaizkibel, le site dégage un charme bucolique... Puis, alentour, les constructions se multiplient, dans le parc les arbres croissent à l'envi. S'ils dissimulent certains édifices disgracieux, ils condamnent les ouvertures sur le paysage, ils étouffent la bâtisse. Comment remédier à ce foisonnement incontrôlé de la nature ? Comment restituer les perspectives originelles ?
En 2000, le maître de céans contacte Camille Muller, paysagiste reconnu, dont il apprécie le regard. C'est de ce face-à-face fructueux et de cette confiance mutuelle que renaîtra le jardin familial. D'abord arracher, éclaircir, dégager... quitte à sacrifier de beaux sujets ! Camille gardera les splendides Magnolia grandiflora, les grands palmiers des Canaries, les Albizia... Des Phyllostachys aurea (bambous dorés) habilleront le trinquet, reprenant le rythme de son bardage en cèdre du Liban, qui obtint en Espagne deux prix d'architecture. Ce fameux trinquet, à l'origine en béton, fut construit en hommage à l'arrière-grand-père, surnommé Tribilis, champion du sport culte chez les Basques. Et si Camille Muller sait alterner les végétaux de forme libre et les topiaires pour générer une nouvelle structure au parc, pour l'amener sans heurts à s'intégrer à la nature environnante, c'est bien Gabriel Calparsoro, en esthète érudit, qui imprime à l'intérieur ses goûts éclectiques. Cet admirateur d'Eileen Gray et d'Andrée Putman, de Sottsass et de Fornasetti, de Noguchi ou de Citterio, faisant fi des Anciens et des Modernes, a su inscrire les grands créateurs de ces dernières décennies entre ses murs... Serait-ce l'harmonie ?
Fiche d'identité :
Maison de famille édifiée dans les années 1970 en Pays basque espagnol, dans les hauts de Hondarribia à Fontarrabie.
Architectes - José Gorritxo et de Gabriel Calparsoro, estudio555.com
Paysagiste - Camille Muller, camille muller.com
A lire : "Camille Muller, les mains dans la terre", textes Armelle de Saint Sauveur, photos Claire de Virieu, Éditions Ulmer
En photo : Derrière les persiennes du salon d'été, canapé Rainette d'Andrée Putman chez Domeau & Pérès et guéridon tripode de Hans Wegner chez Fritz Hansen. Lampe de Jean-Michel Frank chez Pierre Passebon et sculpture anthropomorphe de Paule Toma. Tabourets tonneau en vannerie et pouf bas en céramique, Paola Navone pour Gervasoni. Table basse à plateau en marbre et lampadaire en papier washi signés Noguchi chez Vitra et paire de fauteuils Morris vintage en hêtre blanchi de Jean-Michel Wilmotte. Derrière les portes vitrées, trio de chaises en métal laqué blanc de Mallet- Stevens chez Ecart.