Un escalier suspendu dans les airs
L'architecte Jacques Rival affectionne les rencontres inattendues et les contrastes qui interpellent. "J'aime conserver une part d'authenticité, une trace du passé, et employer un langage hypercontemporain, tout en gardant des pièces des années 1970 : le radiateur à colonnettes, la plomberie apparente, ou la souche de l'ancienne cheminée que j'ai utilisée telle quelle, au beau milieu du séjour. J'aime aussi confronter les éléments dits "nobles" à des objets qui apparaissent presque comme des accidents : néons, objets détournés, etc." Un espace de 66 m2 entièrement repensé. L'endroit se distingue par sa belle hauteur sous plafond, laquellle offrait de nombreuses possibilités d'agencement et d'optimisation du volume. Le parti pris de l'architecte : jouer la carte du télescopage entre l'enveloppe ancienne du studio (poutres et pierres apparentes) et une conception architecturale qui privilégie la modernité, la transparence et un certain sens de la mise en scène. En mezzanine, le cube accueillant l'espace nuit semble défier les lois de la gravité, et tel un monolithe, toise l'escalier... qui n'en paraît que plus fragile et aérien. La couleur révèle l'architecture intérieure. Un aplat de noir tranche avec l'enduit laissé "dans son jus" du mur situé dans l'angle de la pièce.
L'histoire de cet appartement : Loft, studio ou espace atypique ? Difficile de qualifier cet appartement de 66 m2. La première certitude, c'est que ce plateau offrait une belle hauteur sous plafond : 3,80 m. Un volume dont l'architecte a su tirer profit en commençant par l'évider, ne conservant que les murs, sols et plafonds. Mais impossible de créer deux niveaux, à moins d'en privilégier un... et de couper en deux les hautes fenêtres ! Dès le départ, il a donc fallu imaginer une solution pour installer une mezzanine et faire l'inventaire des zones où il n'était pas primordial de se tenir debout, comme la baignoire et le bar, où l'on est plutôt en station assise. À l'architecte de trouver les modulations de l'espace permettant d'optimiser le tout, en variant les hauteurs des différents postes. Au final, ce pied-à-terre est un jeu de demi-niveaux, de boîtes qui se superposent ou s'imbriquent. Un volume dont la propriétaire profite pleinement sur le plan des mètres carrés, des mètres cubes... Mais aussi sur un simple plan visuel. -------- Au rez-de-chaussée, l'architecte Jacques Rival a libéré au maximum l'espace de vie face aux fenêtres, en implantant l'escalier sur le mur opposé à celui de l'entrée et en réservant l'arrière du studio aux pièces humides (salle de bains et cuisine) ainsi qu'aux différentes zones de rangement. -------- L'escalier desservant la mezzanine est implanté entre le mur opposé à la porte d'entrée et le bloc chambre (2). Dans son prolongement, se trouve le couloir accueillant le placard-dressing (4), qui fait également office de cloison de séparation avec le bureau (3). La coursive dessert le bureau et le bloc chambre : comme chaque centimètre est compté, ce dernier est accessible des deux côtés du lit.