Vue sur le jardin depuis le rez-de-chaussée du duplex
"Au départ le site m'a paru complexe, mais très vite je me suis sentie à l'aise avec l'idée de pouvoir m'exprimer sur cette toile de fond postmoderne. C'était un univers familier pour moi qui évoquait l'enfance mais aussi mes années d'école et ma passion pour des figures comme celle de Shiro Kuramata. Il y a dans les années 1980 une modernité fantasque, joyeuse, vivante, dont j'ai voulu tirer parti. L'exercice a par ailleurs été facilité par les interactions positives. Les propriétaires, des intellectuels sensibles à l'abstraction, n'ont pas suivi ma démarche, dans une simple adhésion esthétique ou formelle, mais principalement dans le souci d'interroger une époque-clé et de répondre à un courant. Ce qui a donné toute la force à cette rénovation", souligne Sandrine Sarah Faivre. Résultat, elle aborde les lieux "en augmentant l'existant". Elle force le trait en revisitant les codes postmodernes, s'appuyant sur les traces : les couleurs pastel des textiles, des matériaux s'inspirent du sol en marbre d'origine, les tapis sur mesure reprennent le motif terrazzo, des bandes rayées à l'horizontale redessinent les murs du bureau, le mobilier privilégie l'humour et la fantaisie des couleurs primaires et"vient comme broder le blanc".
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En photo : table en verre et métal chinée et chaises "Chubby" en plastique recyclé, édition Dirk van der Kooij, suspension "Nuvola" de Mario Bellini, réédition Nemo. La baie vitrée est encadrée de rideaux en tissu "Croisé Collobrières", Pierre Frey. Sur la terrasse, tabouret "Marie" en béton, Serax, et chaise longue de Robert Mallet-Stevens, dessinée dans les années 1920 pour la Villa Noailles, réédition Habitat.