Interview de Vincent, propriétaire
Comment est né le projet ? Dorothée et moi, on souhaitait une maison loft à la campagne. Ayant vendu notre précédente habitation et acquis le terrain, nous étions pressés par le temps et voulions réaliser notre projet en moins d'un an. En surfant sur le Web, nous avons découvert le principe des conteneurs maritimes aménagés en logement. Nous avons décidé de contacter l'architecte DPLG Patrick Partouche, spécialisé dans ce domaine, qui était dans la région. Sa maison personnelle a été construite avec ce type d'unités préfabriquées.
À quelles contraintes avez-vous été confronté ?Une étude des renforts de structure nécessaires a été préalablement réalisée par le cabinet d'ingénierie Greisch, une référence en la matière, puisqu'il a travaillé sur le viaduc de Millau. Il a effectué aussi la validation de la toiture à deux pans demandée pour obtenir le permis de construire. Un bilan thermique et acoustique a été réalisé par le bureau d'études AT3E. La couleur brique de la peinture extérieure faisant référence à la tradition du Nord a été exigée ainsi que la pose de bardeaux en terre cuite, dans un second temps.
Comment s'est déroulé le chantier ?C'est la société Progeco, leader européen dans le domaine du stockage, du dépôt, de la réparation et de la vente de conteneurs qui a effectué la transformation des caissons. Elle s'est chargée d'acquérir un lot homogène de conteneurs à Anvers en Belgique pour garantir une structure identique et robuste. Dans leurs ateliers de Dunkerque dans le Nord, pendant 5 mois, les conteneurs ont été renforcés et transformés : découpe des fenêtres, du passage de l'escalier, isolation par le dessous... Ensuite, le montage et l'assemblage sur le site ont été effectués en un temps record : 3 jours. J1 pour le rez-de-chaussée, J2 pour l'étage, J3 pour la toiture. La mise en peinture a été réalisée fin juillet et l'emménagement a eu lieu une quinzaine de jours plus tard.
Qui s'est occupé de l'aménagement intérieur et des finitions ? J'ai assuré les travaux de plomberie et de chauffage, pour économiser sur mon budget et j'ai réalisé l'aménagement de deux des conteneurs. Enfin, je me suis occupé de la salle de bains, de la cuisine, de l'isolation, de la pose du sol du 1er niveau, de la peinture des murs et des sols. Mais attention, ce n'est pas une habitation low-cost : elle vaut le même prix qu'une maison contemporaine ! Une société, qui a pris en charge une partie du chantier sur le site, a donné la garantie décennale.
Côté déco, quel matériau avez-vous privilégié ? Le métal bien sûr, pour le sol, l'escalier, mais aussi pour les portes intérieures qui sont en acier galvanisé isolé. Il s'agit d'un modèle industriel dit "de service" très économique, mais qui s'accorde parfaitement avec le style de la maison. On a fait réaliser un paravent pour créer une séparation dans l'entrée avec des panneaux en acier des conteneurs. Notre lit et un plan pour la vasque de la salle de douche ont aussi profité de ce détournement de matériau. La déco, c'est plus le domaine de mon épouse qui a débusqué de bonnes affaires sur Internet, chiné dans les dépôts-ventes, brocantes, braderies et vide-greniers de la région.
Le projet va-t-il évoluer ?L'implantation d'une véranda-serre et d'une piscine (en conteneurs) semi-enterrée a été envisagée. Mais cet été, on s'attaque au jardin, 405 m2 sur les 702 m2 que compte le terrain. On souhaite finaliser les abords de la maison avec une terrasse orientée sud et ouest. Un pré-équipement a déjà été réalisé pour pouvoir installer un voile d'ombrage triangulaire.