Miroir ornemental raffiné dans cette chambre bleue ciel
L'histoire de cet hôtel (suite) : Il eut lieu dans les années 90. Grâce au tunnel sous la Manche, Saint-Pancras, gare oubliée, devient la porte d'entrée du Continent, le terminal international du XXIe siècle, et s'offre un relooking glamour en verre et métal signé Norman Foster. Ne manque plus qu'un audacieux promoteur immobilier pour tirer l'hôtel de son sommeil. Ce sera Harry Handelsman, qui a importé à Londres le concept du loft new-yorkais et a le chic pour dénicher la vieille imprimerie, l'entrepôt des bords de Tamise ou la caserne de pompiers qu'il va transformer en luxueux appartements. Et toute la confiance d'English Heritage, les Monuments historiques britanniques.
A Saint-Pancras, il aménage, dès 2006, 68 appartements entre le 2e et 6e étage en , et bâtit une nouvelle aile de 189 chambres, à la demande de Marriott International. Les premiers Eurostar vont et viennent déjà en gare quand il s'attaque à la délicate rénovation des pièces historiques. Consultants et spécialistes, après avoir épluché les photos d'époque, gratté les nombreuses couches de peintures et décollé un millefeuille de papiers peints anciens, recommandent une rénovation dans un esprit 1900, plus épuré et plus proche de notre sensibilité que les décors sombres et très chargés de 1870, uniquement préservés çà et là, par petites touches. Il ne fallut pas moins de 400 artisans pour réaliser les plafonds dorés à l'or fin, les stucs, les frises au pochoir faites à la main que l'on peut surtout admirer dans les salons de réception, l'élégant restaurant vanille et blanc où officie le chef Marcus Wareing, et le charmant Gilbert Scott Bar. Ce dernier occupe la place de l'ancienne réception, car le nouveau lobby, vaste parenthèse contemporaine entre les deux édifices néo-gothiques, a investi la contre-allée où les calèches, puis les taxis, déposaient les voyageurs.