Touche vintage et scandinave dans le salon de cette maison de famille rénovée
À Lourmarin, dans le Vaucluse, tout un univers esthétique s'est installé le long du chemin de Collongue. La maison d'hôtes qui en a pris le nom est la demeure rêvée pour vivre à l'année sur un autre tempo. Entre déco design et art, la gourmandise et le bien-être y sont aussi célébrés.
Depuis quelques années Guillaume Toutain, directeur de création parisien, rêvait de s'installer "plus au sud, plus au calme, plus au vert...". À la croisée de deux versants du Luberon, Lourmarin et sa fausse quiétude l'ont d'emblée séduit. Tout comme cette maison mi-agricole, mi-classique, "émouvante comme dans un rêve d'enfance". L'oeil encore pétillant d'émotion, il raconte : "J'allais enfin pouvoir mener à bien mon propre projet, après avoir travaillé à ceux des autres." En neuf mois de travaux, l'ancienne magnanerie composée d'un mas des XVIIe et XVIIIe siècles et d'une bastide du XIXe se métamorphose. À coup de chaux sablée étalée sur les murs, de résine industrielle épandue telle une vague blanche, de volumes redistribués et d'imagination libérée, les lieux s'épurent et conjuguent le genre provençal sur un mode sacrément actuel. Les deux bâtisses sont réunies par une pièce transformée en bibliothèque.
Dans la bastide, Guillaume vit en toute intimité sa vie de famille tandis que le mas accueille les hôtes avec lesquels il partage un vaste salon dont le plafond semble filer à l'infini, une cuisine de pro, belle et pratique, une salle à manger à la stricte symétrie et une entrée où un escalier grimpe vers quatre chambres. Couleur sable et rythmés de voûtes séculaires au rez-de-chaussée, les murs sont à l'étage d'un blanc pur et pareils à des cimaises. Une fois le gros oeuvre terminé, la phase la plus délicate pouvait débuter.
Comment meubler la maison sans écorner sa sérénité, sans rompre son bel équilibre ? Guillaume n'avait à ce stade qu'une idée en tête, "que cela soit radical et parfaitement esthétique" ! Dans le village, l'antiquaire Charoline Olofgörs venait tout juste d'installer sa collection vintage, déménagée de sa Galerie de la Gare à Bonnieux. Leur rencontre sera pour Guillaume "une divine surprise" ! Entre cet esthète épris de design et d'art et cette spécialiste du modernisme scandinave, la complicité est immédiate. Charoline l'invite dans son stock d'Apt désormais sa seule adresse, ouverte sur rendez-vous où sont alignés avec méthodologie chaises, fauteuils, enfilades, banquettes... en bois blond, palissandre et autres matières naturelles. À quatre bras énergiques et deux têtes passionnées, ils organisent la mise en place : ici un buffet d'Omann Junior des années 1960, là un canapé en laine bleu ciel de Johannes Andersen et de-ci de-là, de beaux tapis Ryor, véritables oeuvres d'art graphiques scandinaves, souvent faits main et en petites séries. Ce qui ne va finalement pas dans ce décor réinventé est remplacé sur le champ. Ainsi le "style Collongue" prend forme, judicieusement complété par des céramiques d'Henriëtte H. Jansen et des objets actuels choisis chez Ikea, Monoprix et sur quelques sites marchands. Ici, l'atmosphère est résolument dans la mouvance et, par chance, on peut en profiter en toutes saisons. Divin bien sûr à la fin de l'été quand, sous le tilleul, les hôtes composent leur petit déjeuner bio de mets sucréssalés. Car la gourmandise est aussi de la partie !
Certains soirs, Guillaume laisse, sur réservation, sa cuisine à Pascale Botti, chef nomade qui affectionne les accords audacieux des saveurs d'ailleurs et invente des dîners délicieusement beaux. Le lendemain, on en parlera encore entre un bain dans la piscine, une balade par les sentiers qui sillonnent la pinède au-delà d'une prairie d'herbes folles ou un massage sous les mains expertes de Françoise Dié, maître enseignante en reiki usui et karuna. Le bien-vivre est vraiment au bout du chemin de Collongue.
Adresse de la Maison Collongue, chemin de Collongue, 84160 Lourmarin, tél. 04 90 77 44 69, www.maison-collongue.com / Chambres de 150 à 220 euros, dîner 37 euros par personne, apéritif autour de mezzé, 22 euros. Soins de 80 à 140 euros. Fermeture annuelle en février.
En photo : Au salon, un grand sofa incurvé et deux fauteuils en laine du designer danois Johannes Andersen ; pour table basse, deux tabourets de forme concave des années 1950-1960 signés Svenskt Tenn sur un tapis suédois en laine bleu dense des années 1950, le tout chez Charoline Olofgörs. Au mur, une oeuvre en papier de Guillaume Toutain et le travail photographique de Nikola Hansalik/Hiding Art/2005 et de Soska Group/Barter/2007, extrait de Parabol/The Value Issue. Bibliothèques basses AM.PM., luminaires Fly.
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