La cour verdoyante de cet ancien atelier transformé en maison familiale
Les propriétaires de cet ancien atelier du quartier des Batignolles à Paris dissimulé dans la verdure se répètent souvent l'adage "Pour vivre heureux, vivons caché". C'est à Ambroisine de Sigy que cette famille avec deux enfants a confié la décoration de sa maison atypique et de plain-pied. Ancienne collaboratrice de Christian Liaigre, l'architecte d'intérieur ne laisse jamais rien au hasard.
C'est d'abord la recherche de lumière qui a guidé le projet. À l'origine, la maison bénéficiait de baies vitrées, mais seulement en façade, et de puits de lumière. Le travail de l'architecte d'intérieur a donc été de mettre en valeur les sources de clarté existantes et d'en ajouter de nouvelles. Ainsi, elle a créé des ouvertures dans certaines cloisons, comme autant de fenêtres intérieures qui laissent passer la lumière. La salle de bains a été équipée d'une ouverture qui permet de s'isoler ou de profiter de la vue sur le jardin depuis la baignoire quand on le souhaite. Dans la cuisine, un passe-plat permet au propriétaire, fin cuisinier, de s'occuper de ses préparations tout en restant en contact avec ses hôtes. L'architecte a aussi installé de nombreux miroirs afin d'agrandir les volumes. Enfin, dès les premiers beaux jours, les baies vitrées s'ouvrent. L'intérieur et l'extérieur ne font alors plus qu'un.
Côté déco, Ambroisine de Sigy a choisi la courbe comme fil conducteur, jusqu'aux prises de main des armoires. Leur dessin profilé, tout en arrondi, fait écho aux rondeurs du mobilier. " Chaque détail a son importance et c'est ce qui lie les différents espaces entre eux ", insiste Ambroisine de Sigy, qui signe ici une réalisation d'une belle exigence.
Fiche d'identité du projet de la réhabilitation
>> L'idée : vivre au calme, côté cour.
>> Le lieu : un ancien atelier parisien transformé en maison pour un couple avec enfants.
>> Superficie : 100 m2 (+80 m2 de cour)
3 questions à l'architecte d'intérieur
Comment avez-vous fait entrer la lumière dans cette maison ?
Ambroisine de Sigy : Ici, de grandes ouvertures en façade rythment la seule partie ouverte de la maison. Elles donnent de l'ampleur à l'espace en laissant le regard s'échapper vers l'extérieur. Pour les portes-fenêtres, j'ai opté pour un esprit atelier d'artiste ouvert sur le jardin. Dans chaque pièce, des puits de lumière apportent un éclairage zénithal naturel, à la manière de coups de projecteurs. Ces deux apports lumineux offrent des ambiances différentes suivant les heures de la journée.
Plus généralement, dans vos projets, quels principes suivezvous concernant l'apport de lumière naturelle ?
Ambroisine de Sigy : J'aime beaucoup cette phrase de l'architecte américain Louis Khan : "La fenêtre est une chose merveilleuse par laquelle vous obtenez la touche de lumière qui vous appartient à vous, non au soleil." Quand je démarre un projet, la première chose que je regarde est l'arrivée de la lumière naturelle dans le lieu, car c'est elle qui va structurer l'espace intérieur, modeler les volumes. En fait, j'envisage la lumière comme un matériau.
Et côté lumière artificielle ?
Ambroisine de Sigy : Il faut éviter de multiplier les éclairages, et cibler le bon endroit et la bonne intensité. La lumière artificielle enveloppe l'espace, donne de la profondeur, révèle les objets. C'est pour cela qu'il faut traiter la lumière et la couleur en même temps. Pour un salon ou une salle à manger, je conseille de choisir des luminaires avec une véritable empreinte esthétique. Dans une cuisine, je propose deux sortes d'éclairage, un pour le confort avec l'utilisation de spots, et un plus feutré avec des appliques ou des Leds fixées sous les meubles hauts.
Contact de l'architecte
Ambroisine de Sigy, tél. : 06 13 12 84 70 et studiodesigy.fr. Studio Kid, studiokid.fr.
En photo : la cour de la maison est agrémentée de glycines, bambous, érable du Japon... Bancs " Origami ", design Harald Guggenbichler, Fermob.
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