Elégance contemporaine aux accents ethniques dans cet appartement parisien
Le mix d'élégance contemporaine aux accents ethniques de ses créations lui vaut depuis quelques années une place en or auprès des inconditionnelles de bijoux low profile. Adeline Roussel habille d'épure précieuse les amoureuses de ses parures fines et discrètes. Pour exemple, l'enseigne figure en bonne place dans la liste très prisée des adresses sélectionnées par Inès de la Fressange dans son livre La Parisienne. Entre deux avions, Adeline nous ouvre les portes de son appartement parisien, installé à deux pas de sa boutique, à Saint-Germain-des-Prés.
Comment est née votre collection de bijoux ? À l'époque, je travaillais déjà dans cet univers. L'Inde a été un déclic, un moteur créatif formidable. J'ai un attachement particulier à ce pays rude, intense. C'est lors d'une mission dans le cadre de mon ancienne activité que j'ai découvert les ateliers de Gem Palace, fournisseur attitré des maharadjahs à Jaipur au Rajasthan. Coup de coeur, plongée dans un savoir-faire ancestral et un accès privilégié à une variété de pierres considérable. Cette rencontre m'a donné la mesure du champ des possibles. En 1997, j'ai décidé de changer de cap et de me lancer dans l'aventure de ma propre collection de bijoux. Quatre ans plus tard, j'ouvrais ma boutique, rue Jacob.
Comment résumer votre griffe ? Par sa simplicité. Dès le départ j'ai souhaité rompre avec l'image distanciée du bijou précieux. Je suis très attentive à l'équilibre et au sens des proportions, je veille à ce que la pierre soit toujours mise en valeur par un montage invisible, pour garder sa transparence. Et s'il faut faire un choix, la pureté d'une pierre seule a souvent ma préférence. Les formes coussins, les cabochons, les arrondies, sont mes favorites, elles accompagnent mieux la main et le cou. Les spinelles, les tourmalines, les aigues-marines sont mes pierres préférées. L'or de vingt ou vingt-deux carats que je travaille, couleur jaune miel et patiné sert l'exception de ces pierres uniques.
Comment définir la singularité de vos créations ? Je pense avoir fait partie des pionnières du genre. Mon style alliait l'exigence de la façon à la beauté des pierres, sans pour autant renvoyer à l'image empesée traditionnelle. J'ai voulu dédramatiser l'idée du bijou précieux, attirer l'oeil et ne pas souligner l'effet. Le bijou doit faire corps avec celle qui le porte. Ce sont les pierres qui orientent mes choix créatifs et surtout pas les tendances. C'est sans doute aussi cette constance qui séduit mes clientes françaises ou étrangères.
Comment envisagez-vous votre appartement ? C'est un nid confortable où je me ressource entre deux escales. Il reflète mon mode de vie nomade et prolonge le voyage. Le confort et la décontraction y sont prioritaires, les matières comme le cuir, la peau et le bois noir évoquent un ailleurs chaleureux. C'est un lieu intimiste, où se croisent les pièces d'amis artistes : le tabouret en bronze de Kim Moltzer, le bestiaire des toiles de Kyo et celui des sculptures de la Polonaise Beata Csapska, ou encore les curiosités de l'antiquaire Francis Dorléans qui se mêlent aux meubles ramenés d'Inde. La couleur, forte et enveloppante, est aussi indispensable à mon quotidien.
Avez-vous des projets ? Des envies complémentaires comme imaginer une collection d'objets pour la maison autour de bols, de porte-couteaux, de vide-poches, de pieds de lampes...
En photo : Le grand séjour est peint en bleu "SC224", Ressource. Sur le buffet, réalisé en Inde, lampe, Galerie Réfractaire, potiches en bois chinées et au mur une oeuvre de Kyo. Au pied des fauteuils suédois en cuir 1950, tabouret tortue chiné. Dans le couloir, console chinée en Inde.
Du cuir, de la peau, du velours et du mobilier ramené d'Inde posent un style confortable inspiré du voyage.