Une rénovation singulière au service de l'art contemporain
Dans son appartement le style haussmannien s'est ajusté à sa vision. Le tandem Aurélie Beriot et Miguel Bernardini a peaufiné cette immersion dans la modernité en travaillant la fluidité des volumes. Créer des lignes traversantes, grâce aux ouvertures et aux enfilades des couloirs, qui donnent de la perspective aux oeuvres. Dans le séjour, deux immenses panneaux escamotables se fondent dans le mur, des doubles portes donnant sur la partie privée, se cachent dans des passages tapissés, de haut en bas, de bandes de feutre cousues et collées, formant un dessin de trame inspiré par la rayure chère au styliste Paul Smith. Traitées comme des sas sonores, ces arches feutrées, au sens propre comme au figuré, agissent comme des filtres acoustiques et des écrins qui répondent à l'art contemporain, enveloppant de silence le seuil des chambres. L'exercice d'un espace évolutif, en mouvement permanent, obéit au mode de vie de la propriétaire. Aux parois mobiles s'ajoute un lit suspendu installé sur un plateau décollé du sol. Plus loin, une chambre s'abrite dans une bulle derrière des cloisons réfléchissantes en miroir souple.
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En photo : dans le grand séjour, de part et d'autre, deux portes escamotables disparaissent dans le mur une fois fermées, Lualdi. Sur celle de gauche, Matrice #3 de Tarik Kiswanson, sur celle de droite, Untitled de Nathan Hylden, 2018, et au centre, The girl portrait eaten by the mouse d'Ida Tursic et Wilfried Mille. Paire de fauteuils club chinée, recouverts de tissus Dedar, table d'appoint, collection Salute Tables, de Sebastian Herkner, La Chance, chez Private Choice. Et, à droite, lampadaire "B.T.4", du Studio Arditi pour Nucleo Sormani, galerie Mercier & Associés.
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