L'architecte et sa femme au salon
L'architecture rétaise d'origine vous a-t-elle gêné dans la réalisation du projet ?
Christophe Ducharme : Non, je me suis appuyé sur l'architecture initiale pour réaliser l'agrandissement, un cube ouvert sur le jardin. J'ai équilibré les volumes en redistribuant les ouvertures, respecté la hauteur, le toit en pente douce et les codes couleur de la bâtisse originelle. On retrouve ici la définition même de l'architecture, le rapport au site, la fonction du bâtiment associée à l'unité des matériaux. À l'intérieur, l'esprit rétais demeure : le mur en pierre est laissé apparent ; le plafond en lambris unifie l'espace. C'est un dialogue permanent entre passé et présent.
Comment avez-vous répondu aux attentes de votre femme ?
Christophe Ducharme : J'ai redessiné la circulation de l'espace afin d'accueillir toute la famille. Ma femme ne voulait pas moins de sept chambres et une salle à manger assez grande pour y dîner tous ensemble. Il s'agissait d'abord d'optimiser les volumes et le passage de la lumière. Dès l'entrée, le salon télé est séparé par une cloison vitrée offrant une perspective sur la cuisine, elle-même ouverte sur le salon-salle à manger. Bordé de baies vitrées, l'espace prolonge ses lignes de fuite vers l'extérieur et offre une vue panoramique sur le jardin. J'ai conçu des zones de calme où chacun peut s'isoler. Dans une maison de famille, il est important de partager mais aussi de conserver son indépendance pour une union parfaite.
Quelle a été votre intention décorative ?
Christophe Ducharme : J'ai associé des pièces de famille auxquelles nous sommes fidèles, et d'autres plus contemporaines sont venues les rejoindre. Le banc "Éléphant" d'Andrée Putman, le lampadaire "Lantern" des Bouroullec, les lampes d'Isamu Noguchi, la suspension "Milk Bottle" de Droog Design... J'affectionne les objets bien dessinés, chaleureux, colorés, raffinés et utiles qui donnent vie au lieu.
Quelle est votre signature ?
Christophe Ducharme : Je crée des lieux sans artifice. Chaque réalisation se vit comme une histoire. Mon intervention doit rester en harmonie avec l'existant, à l'extérieur comme à l'intérieur. Le vrai sujet de mon travail reste la lumière, qu'elle soit naturelle ou artificielle ; son rôle est de modeler les volumes et de traverser les perspectives.