Un grand salon lumineux
Dans le coin salon, la grande fenêtre sur rue est drapée de rideaux en lin et la table basse a été fabriquée à partir d'une porte en chêne montée sur un châssis en fer. Fauteuil et canapé sur mesure, Voorhaven 7 ; huile sur toile signée Monique Meij.
Schoonhoven (la ville d'argent, en néerlandais) est célèbre aux Pays-Bas pour ses ateliers d'orfèvrerie. Si ses bateaux marchands ne sont plus amarrés depuis longtemps le long du Lek, le vieux port est toujours peuplé d'anciens entrepôts. C'est cette atmosphère particulière qui a séduit la peintre et décoratrice Monique Meij. Dans ce quartier tranquille, la façade d'une petite maison du XIXe siècle avec sa vitrine désuète a retenu son attention. Déployée sur trois étages, avec ses vieux planchers en bois brut, ses murs qui laissaient entrevoir de belles briques et ses vieilles poutres bien conservées, elle offrait de très beaux volumes. Malheureusement, cette remarquable toile de fond avait été dénaturée par les ajouts et les transformations successives des dernières décennies.
Renouer avec la simplicitéLa première intervention a consisté à abattre les cloisons et à ouvrir le premier étage pour faire entrer la lumière de part et d'autre. On a ensuite débarrassé la structure de ses fioritures inutiles pour renouer avec le dépouillement d'origine et la simplicité de la construction. Pour Monique, les choses les plus simples ont leur sensualité propre, que ce soit une porte, une poutre, un mur de briques sèches, un rayon de lumière naturelle, un parquet qui craque... La répartition fonctionnelle de l'habitation est évidente dans cet espace limité. Ici, chaque étage est utilisé aux mieux de ses possibilités. Au rez-de-chaussée, la boutique de souvenirs a laissé place à la boutique de déco et à la galerie d'art de la propriétaire, où se mêlent ornements d'architecture, miroirs, bibelots, grands vases en terre et mobilier ancien.
Mobilier ancien et récup'À l'étage, auquel on accède par un ancien escalier étroit, ont été installées la cuisine et la salle à manger, cette dernière ouvrant largement sur une grande terrasse, comme la plupart des bâtisses de la rue. C'est le véritable coeur de la maison et Monique voulait le rendre fonctionnel tout en conservant une ambiance personnelle. Elle a ainsi dessiné un grand meuble avec de hauts placards très pratiques pour tout ranger autour d'un vieil évier en pierre. Mais pour mieux le fondre dans les tons gris de la maison, elle l'a entièrement couvert de bardage en bois noirci. Voilà l'une des seules entorses - avec les meubles de la salle de bains - à son penchant pour le mobilier ancien et les matériaux de récupération. Sous les toits, les chambres et la salle de bains profitent d'une lumière plus intense, tout en conservant grâce aux murs traités à la chaux l'atmosphère douce des premiers étages. La salle de bains a aussi été pensée avec un esprit contemporain comme le choix de la baignoire, les carreaux en pierre bleue de Belgique et les meubles de lavabo en béton lissé.
Le gris, omniprésentÀ la simplicité retrouvée de la structure répondent les couleurs calmes : rien que des gris déclinés en une large gamme. "J'aime les multiples nuances du gris qui parfois frôlent le noir. Ces aplats jouent si bien avec les lumières du Nord...", confie Monique Meij. Sobre, la décoration est bien sûr marquée par les trouvailles de la chine : peu de mobilier ; des objets anciens (vaisselle en grès et en étain) ; des fauteuils et canapés qui, lorsqu'ils n'ont pas gardé leur garniture d'origine, ont été recouverts de lin ou de métis ; des fenêtres habillées de draps anciens et partout des grandes toiles représentant des portraits ou des nus signés... Monique Meij ! Intemporelle plus que moderne, voilà la maison d'une décoratrice qui a réussi, sans artifice, à mettre en valeur son caractère d'origine.