Entre mer et ciel dans les chambres
Le bleu et le vert, Farrow & Ball, aux couleurs d'océan, participent à l'intimité des douze chambres.
Fantaisie et confort rassurant : Puis il fut temps de mettre son énergie sur un autre défi et de retrouver le bassin d'Arcachon. "Nous voulions un lieu singulier, grand, calme, avec du caractère", raconte Nathalène. L'aventure, cette fois en association avec Martin Crespi, démarre d'un bâtiment industriel. La Compagnie générale des eaux avait été édifiée en 1884 pour alimenter tout un quartier de villas récemment construites, plus excentriques les unes que les autres, de style orientaliste, chalet ou néogothique. L'élégante "ville d'hiver" venait de naître sous l'impulsion de banquiers promoteurs, les frères Pereire. Elle attira la high society européenne qui venait chercher ici, outre les festivités brillantes et les plaisirs du bain, les bienfaits résineux des pins, véritable antidote à la phtisie. Désaffectée depuis les années 80, la Compagnie générale des eaux restait inscrite dans le patrimoine arcachonnais. Surveillée de près par les bâtiments de France, elle a conservé son allure symétrique de petite gare, son appareillage de briques et de pierre, ses hautes arcades. Trois pavillons dessinés dans le même esprit régionaliste - toiture à large auvent et pignon en bois - ont poussé souslespins. L'oeil de l'architecte Emmanuel Graffeuil et le caractère bâtisseur d'Olivier ont eu raison de dix-huit mois de travaux. De l'outillage lourd, il ne reste aujourd'hui qu'une cuve extérieure dans laquelle est installé le bassin de nage. On peut s'imaginer ce qu'était la salle des turbines avant sa restructuration en lobby, des photos en noir et blanc agrémentent les murs, histoire de ne pas couper le cordon entre le passé du lieu et la vie contemporaine de l'hôtel. En déco, la règle était de ne pas tomber dans la formule "design", d'où l'importance pour Nathalène de suivre son instinct. Lequel souffle pas mal de fantaisie sur une image habitable rassurante. Dans les chambres, une symphonie de bleu et de vert déroule le fil subtil de l'esprit océan car, ajoute- t-elle, "d'ici, on ne voit pas le Bassin, mais déjà on l'entend". Signes particuliers : un balcon pour chacune avec rocking-chair, un mobilier au raffinement neutre pour mieux se sentir chez soi. Des lits, des couettes et des oreillers taillés hyper confort qui prédisposent au farniente ; une moquette danoise écologique, caressante sousles pas.