Cuisine 2 : chez Edouard Loubet
Edouard Loubet, tout sourire, simplement élégant dans son ample chemise de meunier en lin, le rituel du tour de cou, roulé et noué en cravate, est son geste premier. Le voilà aussitôt fin prêt à caresser du regard le Saint-Pierre, à détailler en filets "un poisson superbe qui a encore du goût". Prompt surtout à incarner la spontanéité d'une nature brute, et à combiner simplicité et sophistication.
Pour cuisiner, il se plaît à évoluer dans un petit espace. C'est pourquoi il investit avec bonheur cette ancienne étable voûtée dans une aile de la bastide provençale du Galinier à Lourmarin. Grâce à l'adaptabilité maximum des fonctions KitchenAid, tout y est à portée de main. Un îlot, plan de travail tout Inox où trône un petit panier d'herbes sauvages qu'il tient à cueillir lui-même à pleines mains ; de grands tiroirs dont l'un abrite une cave à vins ; une colonne de cuisson avec four pulsé et micro-ondes, four vapeur et étuve.
C'est dans cet environnement semi-professionnel qu'Edouard Loubet aime cuisiner avec ses enfants et organiser ses cours. On se presse alors autour de l'îlot, tandis que le chef, jamais avare d'une joute verbale et d'un marché qui respire la fraîcheur des petits producteurs du Luberon, laisse éclater sa joie de vivre. Le plaisir de partager les essences naturelles et les fleurs comestibles provenant du potager bio est suivi de la dégustation de vins du Luberon. Que ce soit au Galinier de Lourmarin ou à la Bastide et à la Ferme de Capelongue à Bonnieux, Edouard Loubet prône une approche gastronomique qui n'esquive pas le contact. Il tient absolument à ce lien direct avec les agriculteurs de la plaine du Coustellet, mais aussi avec ses hôtes. Il aime susciter "un plaisir qui serait de l'ordre du retour chez l'aubergiste". C'est, selon lui, la seule voie pour une cuisine sincère, de proximité, valorisant un terroir qui a encore de belles saveurs à exprimer.
On retrouvera avec délice sur sa carte des petits violets de Provence à la barigoule, des asperges vertes au jus de racine de réglisse, un carré d'agneau au serpolet légèrement fumé et infusé dans une cocotte en fonte... et ce délicat Saint-Pierre vapeur et flocons d'avoine accompagné d'un velouté de courgettes à la menthe, tout spécialement dédié à nos tables d'été.