Des vestiges de l'usine conservées
Repaire très prisé par les créatifs, la ville de Montreuil-sous-Bois multiplie les usines métamorphosées en lieux de vie et ateliers. Peintres, musiciens, artistes... cette banlieue parisienne attire une foule de jeunes couples en mal d'espaces à vivre, de coins de verdure à des prix plus raisonnables que dans la capitale. Ce choix d'un autre quotidien, Emmanuel Dougier et sa compagne Adélaïde l'ont fait il y a bien longtemps déjà. "Ma première acquisition à Montreuil c'était une ancienne fonderie, il y plus de seize ans", déclare Emmanuel. La suite ? Une fabrique de papier qu'il avait alors très astucieusement réaménagée en joignant l'utile à l'agréable. Atelier au rez-de-chaussée, partie intime à l'étage et grande terrasse sur les toits.
Depuis ces premiers chantiers, la famille s'est agrandie et le couple a déniché un immense territoire - trois mille mètres carrés d'une usine désaffectée - à réhabiliter. Tout était à (ré)inventer, et les nombreux bâtiments laissaient imaginer de belles perspectives. Concepteur de lieux particuliers et atypiques, Emmanuel Dougier s'en est donc remis à ses fondamentaux de "sculpteur d'espace" avec un choix de matériaux simples mais bienvenus comme le bois, l'acier et la brique.
Sa démarche a été de créer des lofts puis de conserver une partie pour y aménager celui de sa tribu, un bel atelier et même d'y créer un grand jardin planté, qui court le long de tout le bâtiment. Avec Adélaïde, il s'est attelé à la création d'un univers fidèle à leurs envies. Le résultat s'affirme autour d'un concept lumineux : vivre dans un volume presque unique aménagé sous de hautes verrières. En rez-de-jardin, sur plus de deux cent quarante mètres carrés, Emmanuel Dougier a choisi d'établir son atelier ouvert par d'immenses portes-fenêtres en serrurerie métallique.