Une cuisine pop rock
L'histoire de cet appartement : L'appartement a le charme de sa simplicité. Julien Lombrail, 35 ans, y vit avec Nitsa Benchetrit, jeune productrice de cinéma, leur fillette de trois ans et un bébé. Ils ont acheté ces cent trente-cinq mètres carrés dans le Marais, entre moulures et parquet, pour y installer leur vie de famille. Le canapé, les lustres, les objets qui l'animent viennent pour la plupart des Puces ou de vide-greniers. Pourtant, dans le salon, la cuisine-salle à manger, on reconnaît des meubles et luminaires de designers réputés : les frères Campana, l'Atelier Van Lieshout, Vincent Dubourg, Robert Stadler... Il s'agit des pièces qu'édite Julien Lombrail, cofondateur de la Carpenters Workshop Gallery. Des créations qui oscillent entre oeuvres artistiques et produits de design. "Sculptures fonctionnelles", comme il les appelle. Son attirance pour l'art, il l'éprouve déjà à quinze ans : "Je découpais des livres pour apprendre la chronologie du XXe siècle". Julien est fils d'un commissaire-priseur, Francis Lombrail, et d'une artiste, Ingrid Donat. "Maman est l'Armand Rateau d'aujourd'hui", faisant référence à l'ensemblier de l'époque Art déco. "Enfant, je collectionnais les dessins qu'elle griffonnait en téléphonant..." C'est avec elle que tout a commencé. Ingrid Donat créait des meubles pour son intérieur.
Le jour où Barry Friedman, célèbre marchand de New York, proposa de montrer son oeuvre, elle prit peur ! En l'aidant à monter l'exposition, Julien a entrevu le plaisir qu'il y avait à suivre une pièce, depuis la fabrication dans l'atelier jusqu'à l'instant béni où elle entre chez un collectionneur. C'est là qu'il s'associe avec Loïc Le Gaillard, un ami d'enfance, et ensemble partent à la recherche de nouveaux talents du côté de l'audacieuse Académie du design d'Eindhoven aux Pays-Bas, ouvrant dans le même temps, une galerie à Londres. Époque épique : "Nous étions installés dans la zone industrielle de Chelsea, personne ne nous trouvait même avec un plan !" Pourquoi Londres ? Il explique : "Les Français préfèrent acheter un peu plus cher des artistes déjà établis tandis que les Anglo-Saxons, aiment la découverte." L'histoire lancée, Loïc reste en Angleterre pour développer la société avec le succès que l'on sait, Julien, rentre au pays, où il inaugure, bientôt, une antenne parisienne. "Avant d'éditer des oeuvres de designers, je les teste à la maison". C'est ainsi que chez les Lombrail, le décor change régulièrement.Carpenters Worshop Gallery. 54, rue de la Verrerie, 75004. Tél. 01 42 78 80 92 et carpenterswork-shopgallery.com
En photo : Dans la cuisine, chaise pliante "Pantone", Seletti, réfrigérateur aux couleurs de l'Union Jack, Smeg, sol en carreaux ciment.