Parure fantaisie pour le visage
Fantaisie d'une parure de visage de la péninsule du Sinaï, xxe siècle.
L'exposition vue par Côté Sud (suite) : Christian Lacroix a su laisser la part belle à l'imaginaire, provoquer d'emblée l'envoûtement et exalter la femme en délivrant un message de liberté. Du noir qui ouvre l'exposition, on s'achemine vers le blanc. L'Orient montre ici un nouveau visage, celui de ces femmes qui s'émancipent à force de lumière et qui, depuis des millénaires, se parent pour affirmer leur statut et leur droit à la création." Coupes franches, formes amples et géométriques, manches taillées comme des ailes d'oiseau, broderies à profusion et milliers de points comme autant de symboles dont certains remontent à une très haute Antiquité. "Ces costumes transmis de génération en génération dévoilent, côté raison, une région, un usage et, côté coeur, une émotion, un désir qui ont soulevé l'admiration des voyageurs du siècle dernier", explique Hana. Ainsi en va-t-il des tenues syriennes, miroirs de cet éventail d'influences culturelles puisées entre Caucase, Albanie et vallée du Nil. Mais aussi des robes palestiniennes, celles de Jérusalem ou de Bethléem où l'oeil averti peut identifier leur provenance par leurs seuls motifs, oiseau de paradis, oeil de vache, lune, étoile ou palmier... Comme un livre ouvert sur la péninsule du Sinaï, les coiffes coptes et byzantines, les nobles parures nomades, défient le temps et l'espace, tandis qu'en Jordanie, dans les cités historiques, les gigantesques robes servent à la fois de jupons et de réceptacle pour les objets.