Un architecte français a créé sa maison de rêve au coeur du Mexique
Au départ, il n'y avait qu'un simple hangar à tracteurs dont il n'a conservé qu'un seul mur. Il dessine alors au sol avec de la chaux les futurs espaces. "C'est une architecture émotionnelle, je travaille sans plans ni dessins." Un deuxième mur, ajouté plus tard, forme une croix avec le premier, déterminant ainsi l'axe central de la maison. Le hall d'entrée, la terrasse, le séjour et la cuisine sont alignés le long de cet axe. Une aile, parallèle à celle-ci, séparée par du gazon et un cactus géant de huit mètres de haut, abrite deux chambres et une salle de bains. Le projet a pris forme ainsi, évoluant jusqu'à devenir ce qu'il est aujourd'hui. La maison se fond entièrement dans la nature sauvage environnante, créant une fusion parfaite entre dedans et dehors. Dans cet espace ouvert, aux murs épais en pierres volcaniques, la vue sur l'extérieure est omniprésente grâce à la quasi-absence de fenêtres et de portes. Au commencement, cette maison au Mexique ne possédait même pas de toit. Avec les averses fréquentes de la région, la mousse avait déjà commencé à s'installer sur les murs avant que celui-ci ne soit ajouté. Dans cette recherche de volumes, les plafonds sont installés à différentes hauteurs, créant un jeu de perspectives. Le patio est conçu sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers, alors que la piscine rectangulaire à l'image d'un réservoir fait office de miroir géant dans lequel se reflète le paysage comme un tableau. Ses murs de pierre sont recouverts de mousse et patinés par la pluie. Les jardins sont dessinés comme des ruines, on y a juste associé un gazon. Seule la symétrie était une règle absolue. À l'intérieur, cohabitent des sculptures, objets d'art et de design des années 1950 à 1960, dans un étonnant mélange de styles, entre un fauteuil d'Harry Bertoia, une lampe d'Eugenio Escuder, des oeuvres de Théo Mercier... Des symboles mayas des quatre points cardinaux réalisés en fibre de verre par Spero Daltas ornent l'entrée. Lieu de ressourcement mais aussi de fêtes, les amis artistes, designers, créateurs de mode, musiciens ont pris leurs habitudes. "C'est une maison libre, on y vit au rythme de l'évolution des saisons. Chaque année, mon questionnement est de savoir si je peux la transformer en la rendant plus confortable." Casa Santa Catarina évolue sans cesse au fil du temps, en témoigne cette succession d'arches construites récemment par l'artiste Brian Thoreen, faites à partir de colonnes en béton. "J'invite mes amis artistes, ils composent tous une pièce, une oeuvre, et repartent en la laissant sur place."
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En photo : adossée aux montagnes du parc national El Tepozteco, la maison moderniste s'illustre par son architecture organique. Un Jacaranda mimosifolia s'élève au milieu de cactus, citronniers, agaves, palmiers, yuccas... La piscine et les murs blanchis à la chaux ajoutent à son charme intemporel. L'ensemble évoque une folie architecturale oubliée par le temps, avec ses différents niveaux imbriqués dans cet écrin naturel.