Open space pour la grande pièce à vivre
Les propriétaires, Caroline Wiart, architecte d'intérieur, et Patrice Galiana, son époux, ont commencé cette collection sans vraiment s'en rendre compte. Séduits par leur première acquisition, des appliques "CP1" de Charlotte Perriand, ils se sont pris au jeu. L'objet, la rencontre avec un galeriste, un livre sur le design, les mènent vers d'autres oeuvres. Cet intérêt commun grandit avec le temps. Si Caroline chinait déjà au Louvre des Antiquaires avec ses parents, puis plus tard rue de Seine pendant ses études d'Histoire de l'art, Patrice, lui, découvre cette passion. Ensemble, ils affûtent leur oeil et ne sélectionnent que les éditions originales de ces créations. Dans leur espace blanc, ils font dialoguer les maîtres du design des années cinquante à ceux d'aujourd'hui et les luminaires italiens de l'après-guerre et les photographies contemporaines.
Mobilier de tous horizons : ils achètent du mobilier mais aussi des objets d'artistes ou d'artisans qui ont marqué l'histoire du design. Sans état d'âme, ils mélangent le fauteuil "Teodora", 1984, d'Ettore Sottsass du groupe Memphis, à la chaise démontable "Cafétéria n° 300" de l'ingénieur Jean Prouvé. Même intention avec le vase "Caracalla" de Martine Bedin de 2006, sur une table "Elliptical" de Charles & Ray Eames de 1951. Le mobilier de différentes époques donne le tempo du décor. Chez elle, comme pour ses projets, Caroline laisse les volumes s'exprimer : "je privilégie les murs blancs, j'élimine les cloisons inutiles, le mobilier bien senti suffit à structurer l'espace".
Luminaires et photographies : dans la pièce à vivre ils ont installé des luminaires à mi-chemin entre design et sculpture. Leur choix s'est fixé sur une variation autour de l'oeuvre de Serge Mouille et de créations de designers italiens. Et naturellement leur goût pour le design s'est étendu à la photographie contemporaine. "Nous sommes touchés par la sensibilité de Laurent Millet, Alain Fleischer, Sam Samore... Des photographes d'horizons différents dont le travail s'assemble de manière harmonieuse. L'ensemble forme une collection singulière qui nous ressemble". Ils ont ainsi constitué au fil des années, un puzzle spontané où artistes, photographes et designers ont trouvé leur place.
En photo : Le mobilier délimite les différents espaces de cette pièce unique, un volume ouvert où bureau, salon, salle à manger et chambre jouent la cohabitation. À gauche, photographie de Lionel Fourneaux, fauteuil Teodora d'Ettore Sottsass, lampadaire "Luminator" d'Achille et Pier Giacomo Castiglioni, et canapé "Modular" de George Nelson. Au centre, sur la table "Elliptical" de Charles & Ray Eames, centre de table en métal et vase en verre teinté et pied en métal, Enzo Mari pour Danese, vase "Caracalla" de Martine Bedin, tabourets "Sandoz" de Charlotte Perriand et grande photo de Jacques Damez. À droite, sur le mur, au premier plan, applique "N° 40" de Gino Sarfatti et photographie d'Osamu Shiihara, tapis de Fernand Léger pour la galerie Myrbor, chaises "Standard" et table "Compas" de Jean Prouvé, vases Bambu et coupe perforée "Atollo" d'Enzo Mari.