
Dans le 15e arrondissement de Paris, cet appartement de 40 m2 s'est métamorphosé grâce à l’architecte d’intérieur Camille Grenu, fondatrice de l’agence Projet Wabi-sabi. Passionnée par les années 70, la propriétaire rêvait d’un cocon coloré dans lequel elle se sentirait bien. La rénovation mêle alors inspirations seventies et esthétique wabi-sabi, tout en composant avec des contraintes bien réelles : un chauffage au sol intouchable et une isolation acoustique à repenser entièrement. Si l’ensemble du plan a été repensé pour fluidifier les circulations et optimiser chaque mètre carré, la chambre incarne peut-être le geste le plus fort du projet. En trois mois, les volumes sont transformés et les fonctions inversées : l’ancienne chambre devient pièce de vie avec cuisine ouverte, tandis que dans l’ex-cuisine prend place la nouvelle chambre. Cette dernière résume parfaitement l’ADN de ce projet sur-mesure : intime, technique, audacieuse… Et surtout cohérente.

Une chambre miniature pensée comme une alcôve
Installée à l’emplacement de l’ancienne cuisine, la chambre assume pleinement sa petite taille. Et pour cause, la propriétaire souhaitait privilégier les espaces de vie au profit d’un coin nuit plus intime. Pensée comme une alcôve japonisante, elle joue la carte de l’esprit cocon. “Il y a un petit côté van life, on a presque l’impression d’être dans une cabine de train ou de bateau”, nous confie Camille Grenu. Pour éviter toute sensation d’enfermement, une verrière ouvre la chambre sur la pièce de vie et laisse circuler la lumière provenant de l’alignement des neuf fenêtres de l’appartement. Pour préserver l’intimité, des rideaux occultant ont été intégrés. “Ainsi, la chambre peut être complètement protégée et plongée dans le noir”, poursuit l’architecte d’intérieur en charge du projet.


Un lit-estrade aussi esthétique que technique
Pièce maîtresse, le lit repose sur une estrade en bois conçue pour faire circuler les réseaux de plomberie sous le matelas, sans percer la dalle chauffante. Une idée astucieuse qui permet de transformer la contrainte du chauffage au sol en véritable parti pris déco. Le confort acoustique, autre enjeu clé du projet, a également été au centre des réflexions : les murs et plafonds ont été isolés phonétiquement afin de lutter contre les nuisances de voisinage, auparavant très dérangeantes. Des panneaux acoustiques discrets, habillés de tasseaux de noyer, renforcent l’isolation tout en contribuant à l’esthétique générale. “C'est hyper discret, on ne dirait pas du tout des panneaux acoustiques !”, se réjouit Camille Grenu. Le bois chaud du noyer fait écho aux inspirations seventies, tandis que les lignes épurées et la palette maîtrisée rappellent plutôt un style wabi-sabi plus contemporain.




















