
Avant de se décider sur une solution de chauffage, le premier réflexe est de prendre en compte le logement lui-même. Selon sa nature (maison ou appartement, neuf ou ancien), son niveau d’isolation, son volume plus ou moins conséquent (la superficie mais aussi la hauteur sous plafond), son usage (principal ou d’appoint) et le type d’énergie disponible (gaz, électricité, bois, pompe à chaleur, etc.), certains modes de chauffage sont plus ou moins adaptés. Afin de comprendre les vraies différences entre un poêle, un radiateur ou un plancher chauffant, Marine Saladin, architecte pour Mon Concept Habitation, et Raphaël Hamon, chef de produits chauffage et climatisation chez Brico Dépôt, nous livrent les principales dissemblances pour définir la solution la plus adaptée à vos besoins.
Les bonnes questions à se poser avant de choisir son mode de chauffage
Aux prémices de la réflexion, il est nécessaire de prendre en compte plusieurs critères. Comme évoqué, la première chose est de s’attarder sur le logement avec une analyse complète. Raphaël Hamon de Brico Dépôt rappelle, par exemple, le fait que plus la maison a une isolation performante, moins il est nécessaire de prévoir de la puissance. Aussi la pièce de destination est à considérer : nous n’avons pas les mêmes besoins pour une chambre ou une pièce à vivre.
Autre critère majeur, le budget n’est pas du tout similaire entre la pose de radiateurs et la mise en place d’un chauffage au sol. À noter, c’est le budget total qui est à considérer : à la fois l’installation, la consommation au quotidien mais aussi l’entretien dans le temps. «Le poêle nécessite un conduit, le chauffage au sol implique de gros travaux alors que des radiateurs peuvent souvent s’adapter à l’existant», résume Marine Saladin.
Dernier point, et non des moindres, le confort est déterminant. Chaleur rapide, homogène, naturelle ou programmable : les solutions de chauffage ont chacune des avantages et inconvénients.

Différents conforts possibles entre un poêle, un radiateur ou un plancher chauffant
Avec des qualités propres à chacun, la sensation de chaleur est différente avec un poêle, un radiateur ou un chauffage au sol. Les pros décryptent les avantages en termes de confort thermique. En diffusant une chaleur douce, rayonnante et naturelle, le poêle à bois ou à granulés est très agréable dans une pièce à vivre, au-delà de l’aspect chaleureux des flammes. Mais il a l’inconvénient de chauffer localement l’espace, à moins d’avoir un système de ventilation performant (comme des distributeurs et des conduits capables de répartir la chaleur dans plusieurs pièces).
Grâce à leur polyvalence et leur flexibilité pour une montée en température pièce par pièce, les radiateurs électriques avec inertie fonte/fluide ou les radiateurs à eau offrent un bon compromis. L’architecte explique : «Ils permettent une montée en température rapide et peuvent être programmés en fonction des besoins, ce qui optimise la consommation.» Les radiateurs électriques reposent aussi sur plusieurs technologies avec différents conforts possibles. Bon à savoir, Raphaël Hamon confie son astuce pour déterminer la puissance idéale pour son radiateur et optimiser le confort dans la maison. «Il faut prendre la surface de la pièce que l'on veut chauffer et la multiplier par 100. Par exemple, pour une chambre de 15 m2, on prévoit un radiateur de 1500 watts.»
Au niveau du confort, le chauffage au sol produit une chaleur douce, homogène et constante. On peut l’associer à une pompe à chaleur pour des performances optimales. En termes de confort acoustique et d’esthétique, il est silencieux et totalement invisible. C’est un gain de place dans l'aménagement des espaces ! Invisible et sans courant d’air, le chauffage au sol offre un confort maximal mais il est moins réactif qu’un radiateur ou un poêle.

Le bon rapport budget/efficacité selon les types de chauffage
Afin de faire le bon choix, il est impératif d’anticiper le budget dans sa globalité. Entre un poêle, un radiateur ou un chauffage au sol, le coût d’installation n’est pas le même mais il faut aussi prendre en compte le prix à la consommation et celui de l’entretien dans le temps. Simples et peu coûteux, les radiateurs sont faciles à installer, sans gros travaux, surtout en rénovation. «Les modèles récents à inertie ou double cœur sont plus économes que les anciens convecteurs», ajoute l’expert chez Brico Dépôt. Attention, l’électricité - même avec des radiateurs performants - représente la plupart du temps, un budget plus conséquent.

Avec un excellemment rendement (de 70 à 90%), le poêle à bois ou à pellets représente avec le bois, l’énergie la moins chère mais un coût à l’achat et un entretien plus élevés. Il nécessite aussi un conduit d’évacuation, une bonne ventilation et le respect de normes de sécurité précises. «Dans un appartement ou une maison sans conduit existant, cela peut devenir complexe, voire impossible, prévient Marine Saladin. Il faut également prévoir les autorisations administratives selon certains cas.» Au quotidien, se chauffer avec un poêle demande également une certaine logistique (rangement et stockage du bois ou des granulés).
Lorsque le projet concerne une construction neuve ou une rénovation lourde, le plancher chauffant couplé à une pompe à chaleur est le plus rentable sur le long terme. Il demande de gros travaux avec une dépose des revêtements, une installation de circuits puis une chape à refaire tout en ayant une bonne isolation. «Avec un investissement plus élevé au départ, le chauffage au sol propose un confort et des économies d’énergie durables, confie l’architecte. Mais dans un vieux bâti sans isolation, il risque d’être inefficace.» Autre inconvénient, malgré son efficacité et sa faible consommation à long terme, le plancher chauffant est plus contraignant en cas de réparation avec des travaux plus conséquents à prévoir.




















