
10h. Sur le site de Fesches‑le‑Châtel, à la lisière de la forêt de Grandvillars, l’usine Cristel tourne déjà à plein régime. À l’intérieur, les circuits de production créent un joyeux vacarme. Les machines savent ce qu’elles ont à faire. Les 125 salariés aussi. Sans eux, l'histoire de Cristel ne serait pas la même. La première étape est cruciale : donner une forme aux disques d’inox 18/10. « La qualité de nos outillages, c’est ce qui fait la qualité de nos produits », confie Antoine Jean, petit-fils de la famille Dodane. L’ébavurage, qui consiste à débarrasser une pièce de ses bavures, arrive naturellement en seconde position dans le parcours. C'est à ce moment précis que les premières mains entrent dans la danse, répétant une chorégraphie parfaitement maîtrisée.
À tour de rôle, le trio qui ouvre le bal de la fabrication manuelle ajoute des ensembles composés d’aluminium pour diffuser la chaleur, et d’inox pour le champ magnétique, à la base de l’ustensile qu’une presse viendra fixer avec la chaleur. Les futures poêles et casseroles commencent à se dessiner. Chaque pièce est examinée au peigne fin, aucun défaut n’échappe au contrôle qualité. C’est là toute l’exigence de Cristel. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) depuis 2009 et Entreprise à Mission depuis 2021 avec des collections certifiées Origine France Garantie (OFG), la maison affirme une exigence de durabilité, d’excellence industrielle et de transparence.


Plus on avance dans l’usine, plus le bruit s’estompe. De quoi rester focus pour les équipes d’assemblage. Certains composent les poignées, tel un jeu de construction, d’autres les fixent aux casseroles et poêles fraîchement conçues, toujours avec le sourire et le souci du détail. Cette idée ne date pas d’hier. En 1983, Paul Dodane, alors concepteur chez Peugeot, imagine, pour sauver l’entreprise qui traverse une situation financière compliquée, un concept de poignée amovible qui permettrait d’assurer la cuisson et le service à table tout en conservant la chaleur. À cela s’ajoute l’atout gain de place. L’idée est folle, quelque peu risquée face aux difficultés financières de l’époque, mais lui et sa femme Bernadette y croient et investissent tous leurs biens, y compris leur maison alors hypothéquée, sur Cristel. Force est de constater qu’ils ont bien fait de suivre leur instinct.


La dernière étape passée, les nouvelles séries de Cristel rejoignent le tout nouveau hangar de logistique avant l’expédition. Près de 2 500 pièces sont fabriquées chaque jour localement. Demain, la production reprendra avec les mêmes personnes et la même dynamique.




















