L’inox entretient depuis toujours un lien étroit avec le monde de la restauration. Omniprésent dans les cuisines professionnelles, ce matériau fonctionnel est choisi avant tout pour sa résistance, sa facilité d’entretien et sa neutralité. Pourtant, depuis quelques années, l’acier inoxydable s’expose de plus en plus en salle. Comptoirs XXL aux reflets froids, murs en tôle, chaises en métal brossé, détails industriels ou formes futuristes… L'aluminium devient un véritable parti pris décoratif. Il ne se contente plus de servir, il s’affirme. Tantôt minimaliste, tantôt spectaculaire, il dialogue avec le bois, le béton et la lumière pour redéfinir l’expérience. Focus sur huit adresses où l’inox s'impose comme signature.

Causier et son mur en mono matière

Pensé comme un véritable lieu de vie, Causier n’est pas un simple coffee shop : on y travaille, on y observe, on y crée. Signée Espace Empty et CDLT, la décoration joue sur les matières brutes : béton, bois, pierres… Et au fond de la salle, un mur monumental en inox s’impose comme pièce maîtresse, dialoguant avec les assises industrielles et tables d’appoint métalliques. Massif et sculptural, ce mur capte la lumière et rythme l’espace, affirmant l’identité résolument contemporaine de Causier.

En cuisine, Khady Ly propose une carte ultra généreuse et régressive. Les pancakes fluffy au bacon de bœuf, beurre fondu et sirop d’érable sont absolument addictifs, tandis que le Breakfast Burrito, déjà culte, marie œufs brouillés, cheddar fondu, haricots rouges, patate douce et épinards, le tout relevé d’une sauce au yaourt grec. La partie sucrée suit la même philosophie, avec des Blueberry Pancakes à la crème mascarpone et sirop d’érable ou un Banana French Toast, brioche grillée, banane caramélisée, mascarpone et noix de cajou.

Causier : 50 Rue de Montreuil, 75011 Paris

Le mur en inox compose l'âme de chez Causier.
Le mur en inox compose l'âme de chez Causier. © Adrien Ozouf

Bar Omi, l'art du détail inox

Rue du Marché Saint-Honoré, BAR OMI dévoile un lieu pensé tout en élégance par l’architecte d’intérieur Fanny Perrier. Ici, les matières dessinent l’atmosphère : le sushi bar intimiste de dix couverts est structuré autour d’un comptoir graphique en faïence noire et rouge. Le métal, présent sur la partie basse, capte la lumière et dialogue avec le dos des assises. Les éléments en inox de la cuisine ouverte, visibles depuis la salle, renforcent la sensation d’enveloppement. Plus loin, la salle principale joue la carte du noir et blanc : laque, miroirs, surfaces réfléchissantes et accents métalliques composent ce décor contrasté.

Dans un environnement feutré, le BAR OMI mêle bar à sushi et bar à vins. En cuisine, le chef Yuji Mikuriya, dit Taku, propose une carte nippone affûtée, à base de sashimi de thon akami et toro, de nigiri classiques ou de créations plus audacieuses comme l’aburi toro, le wagyu braisé et caviar ou le handroll à composer soi-même. En dessert, le cheesecake japonais au matcha et le mochi maison au sésame noir concluent merveilleusement bien l’expérience. Le tout accompagné d’une centaine de références de vins et de sakés soigneusement sélectionnées.

BAR OMI : 6 Rue du Marché Saint-Honoré, 75001 Paris

Avec une grande attention portée au détail, le Bar Omi séduit par son décor.
Avec une grande attention portée au détail, le Bar Omi séduit par son décor. © Bar Omi

Gourou, la nouvelle escale indienne dans le 11e arrondissement

Ouvert il y a quelques mois dans le 11e arrondissement, Gourou s’est rapidement imposé comme l’une des nouvelles adresses de cuisine indienne à suivre. Avec un décor imaginé par Valentin Bauer en collaboration avec DOD Architecte, l’intérieur s’inspire des échoppes indiennes et des bazars traditionnels. À la façon des Irani Cafés de Mumbai, la salle est articulée autour d’un grand bar central en inox. Le métal joue ici un rôle clé : présent sur le comptoir, les objets de service mais aussi à l’extérieur des cuisines grâce à de grandes plaques de tôle ondulée, il dialogue avec le bois patiné, les enduits aux teintes douces, les miroirs piqués et les carreaux de ciment.

Derrière les fourneaux, le chef Adrien Bouchaud travaille les recettes régionales indiennes à travers une carte exigeante, généreuse, et exclusivement faite-maison. Des incontournables de la street food, comme le Vada Pau, les pakora ou les samossas, aux plats mijotés comme le Palak Paneer, le Butter Chiken ou le Murgh Korma… Les assiettes se partagent et se saucent avec un naan. Coup de coeur pour les glaces maison, aux saveurs originales — curcuma, cardamome, cajou, mangue, cannelle, coco — et aux toppings gourmands — caramel au tamarin, riz soufflés caramélisés, cajous caramélisés — qui s’équilibrent parfaitement.

Gourou : 42 Rue Léon Frot, 75011 Paris

Avec son comptoir en alu, ses cuisines en tôle ondulée et sa vaisselle directement importée d'Inde, Gourou sait nous faire voyager.
Avec son comptoir en alu, ses cuisines en tôle ondulée et sa vaisselle directement importée d'Inde, Gourou sait nous faire voyager. © Gourou

L’amic, un bistrot de copains à l'âme brute qui met à l'honneur le zinc

Tout juste ouvert dans le quartier Jules Joffrin, L’Amic s’impose comme un véritable lieu de vie, un bistrot convivial pensé par une bande de copains. Le décor s’inspire des bars de quartier où l’on aime se retrouver, avec un parti pris brut et chaleureux. Dès l’entrée, un seuil en zinc de réemploi, issu d’anciennes toitures parisiennes, donne le ton. À l’intérieur, le métal est un fil conducteur : le large bar en zinc courbé façon ancien comptoir de bistrot dialogue avec des touches métalliques disséminées dans l’espace et des grilles graphiques qui structurent la salle par jeux de lumière et de miroirs. Le matériau s’impose parmi le bois des tables, tout comme parmi la brique et la pierre d’origine laissées apparentes.

En cuisine, le chef Gabriel Urgese compose une bistronomie généreuse et instinctive, nourrie par la tradition française et quelques clins d’œil à son Italie natale. En ce moment, on découvre en entrée l'œuf parfait (pomme de terre, champignon, guanciale, siphon hollandaise), la saucisse de Morteau au couteau (jus réduit de n'duja, purée de pomme de terre, échalote frite) en plat, et en dessert, la tarte tatin et sa crème crue à la tonka. Le tout accompagné d'une belle sélection de vins, minutieusement choisie par Pierre Berthier. Le dimanche, un grand plat de partage vient renforcer l’esprit de la maison : celui d’un bistrot vivant où l’on revient pour l’ambiance autant que pour l’assiette.

L'Amic : 16 Rue Letort, 75018 Paris

Un grand bar en zinc courbé façon ancien comptoir de bistrot chez L'Amic.
Un grand bar en zinc courbé façon ancien comptoir de bistrot chez L'Amic. © Maki Manoukian

L'inox en all over chez Junk

Fondé en 2021, Junk Burgers s’est depuis imposé dans toute la France. À Paris, ses neuf adresses se distinguent en un coup d'œil grâce à un décor imaginé par l’agence Hypnos. Murs en tôle ondulée et plaques d’acier apparentes, comptoirs en all-over métal, tables et assises en inox : ici, le matériau s’affiche brut. Il structure l’espace, capte la lumière et affirme ainsi une esthétique industrielle et minimaliste. Un cadre sobre, pensé pour aller droit à l’essentiel : à l’image de la philosophie Junk.

Côté food, l’adresse propose l’un des smashs burgers les plus régressifs de Paris. Une recette signature ultra-maîtrisée, des produits soigneusement sourcés, une cuisson millimétrée : ici, chaque détail compte. Côté sucré, la marque décline son savoir-faire avec Puffy, des cookies d’inspiration new-yorkaise à la fois fondants et croustillants.

Junk : 8 Rue Linois, 75015 Paris

L'inox s'impose du sol au plafond chez Junk.
L'inox s'impose du sol au plafond chez Junk. © Hypnos XP

Inspiration cantine urbaine chez Petit Bao Ternes

Avec Petit Bao Ternes, Céline Chung, fondatrice de la Bao Family, orchestre un projet total : elle signe pour la première fois à la fois la carte et le décor, via son studio Imagina Paris. Au sein du restaurant, le métal s’impose comme fil conducteur graphique : utilisé par touches franches (plans de travail, piètements, mobilier et surfaces réfléchissantes), l’inox dialogue avec un bois de noyer brillant, un carrelage blanc iconique 10x10 et des banquettes vert sapin ultra-généreuses. Loin de refroidir l’atmosphère, le métal souligne ici les volumes et accentue l’énergie pop du lieu. En façade, les baies vitrées intègrent des tablettes en métal, clin d’œil aux cantines urbaines de Hong Kong et à cette manière fluide d’habiter l’espace dedans-dehors.

Côté assiette, Petit Bao Ternes reste fidèle aux grands classiques qui ont fait le succès du groupe. Shanghai noodles généreuses, aubergines Hong Shao fondantes et caramélisées et wontons au chili oil subtilement relevés composent une carte aussi réconfortante qu’efficace. Mais la grande nouveauté, ce sont les pan-fried mini bao au porc et poivre noir : juteux, bien grillés, coiffés de leur tuile croustillante à briser à coups de baguettes.

Petit Bao Ternes : 266 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

L'inox est mis à l'honneur chez Petit Bao Ternes.
L'inox est mis à l'honneur chez Petit Bao Ternes. © Bao Family

Matsuri, la nouvelle adresse design de Rudy Guénaire

Dans le 17e arrondissement de la capitale, Matsuri Courcelles s’impose comme le nouveau QG des amateurs de design. Imaginé par l’architecte Rudy Guénaire, le décor mêle japonisme californien et minimalisme assumé. Sous un plafond volontairement abrupt, de vastes panneaux en acier inoxydable structurent l’espace, captent la lumière et apportent une touche contemporaine franche. Symboles du streamline des années 30, ces surfaces métalliques dialoguent avec une base en merisier américain, réchauffant la froideur du métal par un jeu subtil de contrastes.

Dans cet écrin ultra-maîtrisé, la carte se veut généreuse, du matin au soir. Dès l’aube, le matsu café attire les amateurs de pâtisseries et de boissons réconfortantes. Le midi et le soir, on s’installe plutôt devant le kaiten pour découvrir les assiettes proposées sur ce fameux tapis roulant. Onigiri ultra désirables, recettes fumées au shichimi, California rolls twistés façon César, sandos moelleux dans un pain Hokkaido, hot bentos réconfortants ou même ramen… La carte répond à toutes les envies.

Matsuri Courcelles : 145 Rue de Courcelles, 75017 Paris

Signée Rudy Guénaire, la décoration fait la part belle à l'inox.
Signée Rudy Guénaire, la décoration fait la part belle à l'inox. © Matsuri

Nuances Café, ou l'inox pensé dans un style futuriste

Installé rue des Francs-Bourgeois, le Café Nuances Marais casse les codes. Imaginé par Harry Nuriev, fondateur du Crosby Studios, le lieu puise dans les codes du Nouveau Réalisme pour composer un décor à la fois minimal et percutant. Fidèle à la palette iconique de Nuances, l’espace se teinte d’oranges et de touches métalliques. Au centre, un comptoir argenté XXL structure la salle. Les tables en inox captent la lumière et dialoguent avec les murs en mono-matière à l’intensité changeante, affirmant une esthétique presque industrielle.

Toute la journée, l’adresse propose les grands classiques du coffee shop : latte, flat white, espresso ou americano… Le tout accompagné de pâtisseries maison et de viennoiseries revisitées, comme le pain suisse et le croissant au matcha. Quelques boissons signature se distinguent, comme le latte chocolat-noix de coco réconfortant et le matcha délicatement parfumé au jasmin. Un lieu définitivement hors du temps.

Café Nuances Marais : 51 Rue des Francs Bourgeois, 75004 Paris

L'aluminium sur les murs dialogue avec le comptoir et les assises métalliques.
L'aluminium sur les murs dialogue avec le comptoir et les assises métalliques. © Café Nuances Marais