Banquettes en tweed, fauteuils en velours, lumières tamisées, papiers peints épais, bois chaleureux, couleurs réconfortantes... Certaines adresses parisiennes semblent avoir trouvé la recette pour contrer l'hiver. Et ce, peu importe le style insufflé à l'intérieur. Chez Tarascon, le studio Louis Morgan nous plonge dans l'univers artistique du Petit-Montrouge, un quartier prisé des créatifs dans les années folles. Au Diplomate, Emma Roux et Christopher Matignon invitent à redécouvrir le courant Art déco autour d'une cuisine sincère. Chez Casa Pregonda, Johanna Amatoury nous emmène aux Baléares, entre mosaïques minorquines et murs en pierres apparentes. Dans l'assiette comme dans le décor, ces 10 restaurants parisiens nous enveloppent le temps d'un dîner, d'un déjeuner, ou parfois même d'un brunch. De quoi sortir sans trop quitter sa zone de confort.

Casa Pregonda, le voyage intime aux Baléares

Lorsque l'on se rend à Casa Pregonda, au coeur du 2e arrondissement de Paris, le trajet se transforme en voyage. Depuis les pavés, les volets vert pin et le carrelage en céramique blanc typique des maisons de pêcheurs et des fincas familiales minorquines transforment d'emblée la rue Marie-Stuart en ruelle espagnole. Derrière cette devanture discrète, Casa Pregonda prend des airs de finca majestueuse. Signé Johanna Amatoury, le décor de cette adresse confidentielle ne laisse rien au hasard. Dans ce refuge à la hauteur surprenante, un long comptoir carrelé pensé pour partager un moment singulier invite à découvrir une salle intimiste où les bougies ondulent au rythme des discussions.

Imaginé par Valentine Dubois cofondatrice de l’agence T109, Nicolas Hoyet, fondateur de l’agence I’M PR, et Alexandre Giesbert co-fondateur de Daroco et Danico, Casa Pregonda promet une expérience authentique et sincère. Murs en pierre naturelle, poutres apparentes, arches soulignées de carrelages traditionnels, rideaux brodés comme dans une ancienne maison de famille et sol qui évoque le sable des chemins côtiers répondent à la cuisine espagnole savoureuse et délicate du chef Alexandre Giesbert. Daurade en escabèche, ACE et jalapeños, tortilla aux champignons sauvages et manchego, Croquetas de jamón ibérico... Chez Casa Pregonda, tous les sens sont en éveil.

Casa Pregonda, 6 rue Marie Stuart, Paris 2.

Casa Pregonda, l'adresse confidentielle qui fait voyager aux Baléares.

Tarascon, le repaire cosy et arty

Prisé par les artistes depuis les années folles, le quartier du Petit-Montrouge - dans le 14e arrondissement de Paris - assume une nouvelle fois sa dimension créative avec l'arrivée de Tarascon. Depuis la rue, sept grandes fenêtres à guillotine laissent entrevoir des formes enveloppantes, des courbes dansantes et des couleurs réconfortantes, comme une invitation à s'y réfugier. Imaginé par Louis Aspar, architecte d'intérieur et fondateur du studio Louis Morgan, ce restaurant apparaît comme une œuvre architecturale et décorative.

À l'intérieur, le vert forêt, le bois et le beige dominent. Les banquettes parées de tissus Dedar et Pierre Frey filent le long des murs panneautés de bois brun ou recouverts d’un enduit texturé, instaurant un jeu de courbes qui se prolonge jusqu'au bar de faïence en arc de cercle et aux tables en marbre ovales. Le sol, avec son côté rétro et son effet jeu de dames converse avec les silhouettes féminines qui planent sur le plafond et qui semblent veiller sur les invités de Tarascon.

Tarascon, 16 rue Alphonse Daudet, Paris 14.

Tarascon, l'écrin cosy et artistique pour dîner.

Vesper, l'Izakaya contemporain

Au pied de la tour Eiffel, Vesper apparaît comme le lieu branché du 7e arrondissement de Paris. Aux commandes de cette adresse récemment renouvelée : Guillaume Bernard qui réinterprète les influences nippones et le concept d’izakaya (comprendre : partager des petites assiettes autour d’un bon verre de saké), pour en livrer une version plus moderne et résolument festive. L’ambiance, entièrement pensée par le Studio Lazaro, joue sur les contrastes. La première salle, vivante et lumineuse, invite au voyage avec son plafond en cannage japonais et son sol en marbre tropical. Visible depuis la rue, la cuisine ouverte, avec son fameux Robata grill et ses céramiques en mouvement, attire le regard. Une deuxième salle, plus intimiste, s’habille quant à elle d'épais papiers peints fleuris Pierre Frey et House of Hackney et d’un plafond miroir, idéal pour un dîner à la carte en toute élégance.

Au menu, le chef Roudy Petersen dévoile une proposition japonaise audacieuse et sensorielle. L’ultra-tendre Black Cod caramélisé au miso s'impose comme un incontournable, tandis que le porc ibérique au yuzu kosho surprend par sa justesse, mêlant subtilement traditions françaises et japonaises.

Vesper, 81 avenue Bosquet, Paris 7.

Vesper,

Au Top, le rooftop esprit chalet

Nouvelle saison, nouvelle atmosphère. Connu pour sa terrasse avec vue panoramique sur Paris, le rooftop Au Top, niché au coeur du Marais, enfile son manteau d'hiver. Les baies-vitrées clôturent l'espace sans entraver la vue, le toit s'est refermé au-dessus de nos têtes, les banquettes se parent de fourrures façon chalet de montagne, le sol opte pour une moquette noire cosy et des poêles en fonte installés aux quatre coins du restaurant réchauffent l'atmosphère. Si l'accès au rooftop, une cour d'immeuble classique, ne laisse rien présager de tout cela, cinq étages plus haut, c'est un véritable refuge qui se dévoile.

D'un côté l'intérieur s'est métamorphosé en cocon élégant pour les prochains mois, de l'autre, la carte est, elle aussi, passée en mode hiver. Huîtres au caviar en entrée, Mont d'Or à la truffe au coeur du repas et Mont Blanc pour clôturer cette partition avec gourmandise donnent un avant-goût des fêtes. En apesanteur au-dessus des toits de Paris, Au Top assure un moment hors du temps.

Au Top, 93 rue Vieille du Temple, Paris 3.

Le rooftop Au Top a enfilé son manteau d'hiver.

Chez Carrie, le brunch doux et convivial

Contre les dimanches froids et pluvieux, il existe un remède ultra vitaminé : Chez Carrie. À deux pas de la rue Montorgueil, la devanture solaire de cette nouvelle adresse signée Carrie Solomon réchauffe instantanément. Et cette agréable sensation s'accentue à l'intérieur. Le seuil de la porte franchi, un sublime bar-comptoir en bois tout en courbes imaginé par Nilima Davroux et l'Atelier Perché guide le regard jusqu'à la cuisine, mise en scène comme un tableau. L'identité visuelle, que l'on doit à Anna Polonsky, pose les bases d'un univers singulier. Carrelage d'époque, banquettes des années 50, murs en pierre et charpente peinte en blanc se conjuguent à quelques pièces inattendues comme de grands radiateurs en inox et un majestueux tableau de l'artiste Johanna Solal.

À table, la sincérité de Carrie se traduit dans l'assiette. Franches, innovantes et rafraîchissantes - entre huevos rancheros au chou-fleur chorizo, turkish toast aux oeufs et labneh épicé et oeufs brouillés cacio e pepe - les recettes de la globe trotteuse culinaire sont sublimées par des pièces en grès de chez Jars Céramistes. Un voyage frais, léger et authentique pour un dimanche réconfortant.

Chez Carrie, 14 rue Léopold Bellan, Paris 2.

Chez Carrie, l'adresse solaire pour un brunch réconfortant.
Chez Carrie, l'adresse solaire pour un brunch réconfortant.

Aux Crus de Bourgogne, l'institution généreuse

Certaines adresses ne déçoivent jamais. Aux Crus de Bourgogne fait partie de cette prestigieuse catégorie. Reprise par la famille Dumant il y a maintenant sept ans, cette institution parisienne de 1932 a su maintenir une clientèle fidèle de génération en génération, mais aussi séduire de nouvelles personnalités. Dans un intérieur façon brasserie à l'ancienne avec un sol en mosaïque, des miroirs cadrés de bois sombre, des banquettes en cuir et des suspensions vintage, Aux Crus de Bourgogne cultive le partage et la générosité, dans le service comme dans l'assiette.

Si les quenelles et la sauce aux morilles restent la spécialité de la maison, la carte joue sur les saveurs et surtout sur les sauces. Aux Crus de Bourgogne, on y vient pour passer un bon moment, au chaud et en bonne compagnie.

Aux Crus de Bourgogne, 3 rue Bachaumont, Paris 2.

Aux crus de Bourgogne, l'institution conviviale et généreuse.
Aux crus de Bourgogne, l'institution conviviale et généreuse.

Frivole, l'adresse festive et cosy

Nouveau né du Triangle d’Or, niché au sein de l’hôtel La Maison Champs-Élysées, Frivole apparaît comme un restaurant festif à découvrir absolument. Si en semaine, l’ambiance est feutrée, plutôt intimiste pour les soirées d'hiver, le week-end, place aux DJ sets et chanteurs live. En salle, banquettes en velours, murs ambrés, éclairage tamisé, détails décalés et références au jardin d'hiver composent un intérieur contemporain et élégant signé Michael Malapert.

Au menu, on découvre une carte qui fait la part belle aux produits nobles de la cuisine française, twistés avec justesse pour leur apporter une touche de modernité. Le tout accompagné d'une jolie carte de cocktails audacieux, assemblés derrière le grand bar central en pierre. Immersion dans un univers ultra chaleureux et végétal.

Frivole, 8 rue Jean Goujon, Paris 8.

Frivole, l'adresse feutrée et festive.

Le Diplomate, la brasserie Art déco chaleureuse

Depuis le boulevard de Courcelles, dans le 17e arrondissement de Paris, Le Diplomate donne un indice sur l'atmosphère qui plane à l'intérieur. En rotonde sur le carrefour - une configuration typique des immeubles haussmanniens ou Art déco - ce restaurant de quartier semble s'être pleinement imprégné de ses origines. Entre ses murs, l'esprit Art déco domine. Banquettes en cuir, bois verni couleur tabac en clin d'oeil à l'histoire du lieu, lampadaires vintage, rideaux en velours bleu marine, ventilateurs en cannage et mosaïques sur mesure de l'artisane Isabelle Bacinello façonnent un écrin chaleureux et authentique. Signée Emma Roux et Christopher Matignon, la décoration n'est pas sans évoquer l'un des prestigieux wagons de l'Orient Express. Une impression qui fait sens quand on découvre que le chef Florian Breurec a dirigé les cuisines du célèbre train.

Porté par Sébastien Porte, Le Diplomate propose une cuisine traditionnelle, vivante et travaillée, entre chou farci de la maman, canette façon tajine et riz au lait de l'enfance. Si l'assiette est sincère, l'intention l'est tout autant.

Le Diplomate, 110 boulevard de Courcelles, Paris 17.

Le Diplomate, la brasserie Art déco qui fait voyager dans le temps.
Le Diplomate, la brasserie Art déco qui fait voyager dans le temps.

La Machine à Coudes, le gastronomique façon duplex

"Bienvenue chez nous". Ces premiers mots instaurent d'emblée le climat qui règne à La Machine à Coudes. Le pas de la porte à peine franchi, une sensation de bien-être et de convivialité se dégage de ce gastronomique intimiste aux airs de duplex parisien. Portée par le chef Rémi Braflan et Marlène Alexandre-Buisson, cette table confidentielle située à Boulogne-Billancourt donne l'agréable sensation de venir dîner chez un proche.

Avec seulement 15 couverts, une cuisine ouverte qui invite à naviguer entre les Caraïbes et l'Europe et une décoration sobre où quelques souvenirs viennent parfaire l'histoire du lieu, La Machine à Coudes mise sur une atmosphère décontractée. Au creux de céramiques artisanales sélectionnées avec soin par le duo, les surprises culinaires défilent et le voyage des sens opère. Et pour les plus audacieux, un accord mets-rhum s'impose. Un cocon chaleureux et vivant pour l'hiver.

La Machine à Coudes, 57 Rue Yves Kermen, 92100 Boulogne-Billancourt.

La Machine à Coudes, le gastronomique intim

Le Berkeley, l'institution parisienne feutrée

Il suffit de passer la porte du Berkeley et de découvrir l'escalier sculptural en bois qui s'impose dans le décor pour constater que cette maison centenaire prisée des intellectuels parisiens dans les années 1920 écrit le nouveau chapitre de son histoire. En reprenant cette adresse incontournable il y a tout juste un an, Baptiste et son associé Paul avaient une idée claire : retrouver une brasserie institutionnelle dans le 8e arrondissement, autant dans l'atmosphère que dans l'assiette.

Plongée dans un bain de lumière qu'offre une majestueuse véranda, la première partie du Berkeley contraste subtilement avec le second plan : un espace feutré et intime pensé comme la réunion de plusieurs petits salons privés. Dans cet espace où le velours rouge s'étire sur les murs, où les lumières tamisées renforcent ce côté cosy et où les bibliothèques apparaissent comme des cabinets de curiosité, tout semble hors du temps. Si en 1920, Le Berkeley s'est imposé comme le rendez-vous des personnalités et des artistes, aujourd'hui encore il n'est pas impossible de croiser quelques visages familiers...

Le Berkeley, 7 avenue de Matignon, Paris 8.