Le ramonage est une opération simple mais rigoureuse, consistant à nettoyer le conduit de fumée. Réalisé à l’aide d’une brosse spéciale appelée hérisson, montée sur des tiges souples montées progressivement parfois jusqu’à 20 mètres de hauteur, il permet d’éliminer les suies, dépôts et résidus issus de la combustion du bois. « L’objectif est de maintenir le conduit parfaitement dégagé, assurant ainsi une combustion optimale et sécurisée », explique Gwendal Danguydesdeserts, responsable Marque et Communication chez Poujoulat. Dans un contexte où le chauffage au bois et aux granulés connaît un succès croissant, que ce soit pour de nouvelles installations ou le renouvellement d’équipements existants, cet entretien régulier devient indispensable pour la sécurité et la performance du foyer.

Les clés pour un ramonage bien réalisé

Une inspection visuelle du conduit, la préparation de la zone par le ramoneur, puis le ramonage mécanique du conduit principal et de raccordement jusqu’à atteindre le sommet ; Le nettoyage s’effectue ensuite en redescendant, en grattant par des allers-retours successifs, ce qui décolle et fait tomber les suies. « L’opération ne consiste pas seulement à gratter ou nettoyer le conduit, Roland de La Richerie, responsable de Production et Marketing chez Ramonetou. Notre action a aussi pour but de vérifier la vacuité du conduit, c’est-à-dire que le conduit soit vacant et qu’il laisse circuler les fumées sans gènes particulières. Nous agissons en qualité de conseiller sur l’utilisation du moyen de chauffage afin d’éviter tout défaut lié à une mauvaise utilisation ».

Le ramonage dit ‘chimique’ avec des bûches ou des poudres de ramonage peut être conseillé par un professionnel, mais uniquement en complément ou en préparation d’un ramonage mécanique, jamais en remplacement. À l’issue de l’intervention, une attestation de ramonage est remise au client ; elle est indispensable, notamment en cas de sinistre, et son contenu doit être conforme au décret en vigueur, précisant les informations obligatoires sur l’intervention.

Pensez à demander votre certificat de ramonage : il est fourni par le professionnel après l’intervention.
Pensez à demander votre certificat de ramonage : il est fourni par le professionnel après l’intervention. © Poujoulat

Ramonage : des règles renforcées depuis 2023

Le ramonage des conduits de fumée est une obligation réglementaire essentielle pour garantir la sécurité des biens et des personnes. Depuis l’entrée en vigueur du décret du 1er octobre 2023, alors que le Règlement Sanitaire Départemental Type imposait historiquement deux ramonages par an - en période de chauffe et hors période de chauffe - la règle a été simplifiée : un ramonage est désormais exigé tous les 6 stères (ou 6 m³) de bois brûlés, avec un minimum obligatoire d’un ramonage annuel, même si ce seuil n’est pas atteint. En pratique, une consommation élevée implique donc deux interventions par an, voire plus.

L’entretien complet comprenant à la fois l’entretien du conduit et l’entretien du générateur est également requis une fois par an, même en cas d’usage limité, et obligatoire avant toute remise en service après une période d’inutilisation de 12 mois. Pour les installations collectives, deux ramonages par an restent nécessaires, et un entretien complet doit être effectué chaque année, même en cas d’usage limité, ainsi qu’avant toute remise en service après plus de douze mois d’inutilisation. « Cette exigence s’explique par le fait que la majorité des dysfonctionnements observés sont liés à une mauvaise combustion, prévient Thierry Berthier, ramoneur indépendant et membre de la Confédération Française du Ramonage et de la Fumisterie (CFRF) : environ 80% des utilisateurs brûlent du bois pas suffisamment sec ou des matériaux inadaptés, générant une quantité importante de suie ». Or la suie, résidu d’incombustion, favorise l’encrassement rapide du conduit et augmente significativement le risque d’incendie.

Notons que le ramonage par le haut n’est pas imposé en France, il peut être réalisé par le bas, dès lors que tous les contrôles réglementaires sont respectés.
Notons que le ramonage par le haut n’est pas imposé en France, il peut être réalisé par le bas, dès lors que tous les contrôles réglementaires sont respectés. © Poujoulat

Prévention : Quelles règles essentielles pour un feu sûr et efficace ?

Le bon usage du chauffage au bois repose sur des gestes simples mais essentiels : utiliser uniquement du bois de chauffage bien sec (à moins de 20% d’humidité), éviter de brûler du papier, du carton, des déchets ou des sapins ; L’allumage par le haut avec deux bûches, du petit bois et un allume‑feu laine de bois, favorise une combustion propre et écologique, avec peu de fumée. Il est également indispensable de toujours garantir un flux d’air suffisant : le feu a besoin d’air frais pour bien brûler. Lorsque le conduit est froid, le démarrage peut être un peu lent et produire un peu de fumée, c’est tout à fait normal.

« Par ailleurs, une règle de sécurité fondamentale doit toujours être respectée : on ne laisse jamais un feu manuel allumé en son absence, souligne Thierry Berthier de la Confédération Française du Ramonage. Cette consigne est cruciale, d’autant plus que de nombreux foyers se chauffent aujourd’hui exclusivement au bois en raison du coût élevé des autres énergies ». Exception faite pour les poêles à granulés programmables - sous réserve d’une installation et d’un entretien conformes - car la technologie des granulés permet aujourd’hui une gestion sécurisée à distance.

La sécurité passe aussi par l’équipement du logement. Le détecteur de fumée est obligatoire, et l’installation d’un détecteur de monoxyde de carbone est fortement recommandée. Enfin, une bonne ventilation du logement est indispensable pour éviter toute accumulation de gaz dangereux.

Bien allumer son feu et entretenir son installation, c’est moins d’encrassement et des ramonages moins fréquents.
Bien allumer son feu et entretenir son installation, c’est moins d’encrassement et des ramonages moins fréquents. © Thierry Berthier Ramoneur41

Le particulier peut-il effectuer l’intervention lui-même ?

Un particulier peut techniquement effectuer le ramonage lui-même, mais il ne sera ni reconnu par l’État ni couvert par l’assurance en cas de sinistre, faute d’attestation officielle. Le coût d’un ramonage professionnel reste pourtant limité : environ 60/70€, et jusqu’à 150€ selon le type d’intervention et d’installation. Un prix modeste au regard des risques majeurs encourus en cas d’incendie ou d’intoxication… Pour trouver un professionnel qualifié, consultez l’annuaire de la Confédération Française du Ramonage et de la Fumisterie. La prise de rendez-vous est rapide et pratique, certains professionnels proposent même une réservation en un clic via leur site web ou sur des plateformes dédiées comme France Ramonage Pro.

La majorité des demandes d’intervention se concentre entre septembre et fin mars, période durant laquelle les plannings des artisans sont rapidement saturés. Il est donc préférable d’anticiper, d’autant que le ramonage peut être réalisé tout au long de l’année. Le programmer avant ou pendant l’été est même idéal, car intervenir en dehors de la période de chauffe limite les risques et facilite l’entretien. La vigilance reste toutefois de mise en fin de saison. Fin mars, les accidents sont plus fréquents : avec le retour des températures plus douces, les installations fonctionnent souvent en sous-régime, et les foyers sont parfois mal utilisés, notamment après la période des fêtes. Autant de raisons supplémentaires pour ne pas attendre l’urgence et intégrer le ramonage dans une démarche d’entretien anticipée et responsable.

Au-delà de l’aspect réglementaire, le ramoneur joue un rôle important de prévention et de conseil auprès des usagers.
Au-delà de l’aspect réglementaire, le ramoneur joue un rôle important de prévention et de conseil auprès des usagers. © Poujoulat Proglava

Le ramonage, pourquoi il ne faut pas le négliger

Le ramonage est une mesure simple, peu coûteuse, mais essentielle pour votre sécurité et celle de vos proches. Un conduit mal entretenu peut provoquer des incendies à cause de l’accumulation de bistre ou de suie, des intoxications au monoxyde de carbone à cause de la mauvaise évacuation des fumées, sans oublier une surconsommation de bois, des pannes ou dysfonctionnements de l’appareil et la perte de rendement. C’est aussi s’exposer à des sanctions légales et à un refus d’indemnisation de la part de l’assureur en cas de sinistre.

Le conduit avant ramonage.
Le conduit avant ramonage. © Thierry Berthier Ramoneur41 CFRF
Le conduit après ramonage.
Le conduit après ramonage. © Thierry Berthier Ramoneur41 CFRF

Le ramonage a-t-il un impact sur la consommation de bois ou d’énergie ?

L’entretien régulier d’une installation en bon état et l’utilisation d’un combustible à haute performance sont deux conditions indispensables pour garantir une combustion optimale, ce qui optimise le tirage et permet de réduire la consommation de combustible… avec jusqu’à 20% de rendement supplémentaire et moins d’émissions polluantes. C’est bon pour votre portefeuille et pour l’environnement !

En résumé, le ramonage ne se limite pas à une simple obligation légale : c’est avant tout un geste de bon sens qui sécurise votre logement, valorise votre installation et en prolonge la durée de vie.

Remerciements à Gwendal Danguydesdeserts, responsable Marque et Communication chez Poujoulat ; à Roland de La Richerie, responsable de Production et Marketing chez Ramonetou ; et à Thierry Berthier, ramoneur indépendant membre de la Confédération Française du Ramonage.