Un salon modulable
En photo : La blancheur du loft de l'architecte d'intérieur-designer industriel, Elia Mangia, est comme une page vierge. Il n'arrête pas de moduler l'espace en bougeant canapés (Cappellini) et chaises Patchair en lame d'aluminium recyclable sur châssis acier dessinées et éditées par lui-même.
L'histoire de la maison : Le reste se promène au gré des humeurs et des besoins comme les canapés de Cappellini, quelques pièces Ikea et ses propres créations, lampe Tuca Tuca, Patchair ou les sièges First Round. Il y a aussi un mur qui fait écran, "on bouge les canapés et on est au cinéma". En guise de table de salle à manger, il sort deux tréteaux et une planche. Un peu plus agence, un peu moins salon, il s'adapte à chaque situation. Sans cesse partagé entre l'esthétique et le pratique, Elia a dû concevoir un espace où il met tout ce qu'il ne veut pas voir. A l'étage, une rangée de placards sert de dressing. On y accède par un escalier minimal, simple diagonale de métal en inclusion dans le mur et dans laquelle les marches ont été soudées, tout comme les deux mezzanines qui semblent ne pas se toucher. Elles se déploient sur quatre niveaux qui donnent du mouvement à l'espace modelé par l'idée de la suspension. Alors il se souvient de la grande maison familiale où toutes les pièces étaient communicantes. Souvenirs, souvenirs... cela lui rappelle aussi qu'après avoir fait trois ans de droit par manque d'inspiration, il avait enfin compris que "depuis que je suis petit, je construis mon environnement". Après cette révélation, il était allé chez Ettore Sottsass qui lui avait déconseillé cette voie, parce que trop difficile. "Pour moi, un mythe s'est effondré, alors, face à ma désespérance, il m'a donné comme objectif de dessiner chaque matin la première chose que je voyais."