Les luminaires "A5" d'Alain Richard (Disderot, 1959)
C'est souvent la technique qui fait évoluer les formes et permet aux créateurs de réinventer un domaine. Lorsque de nouvelles ampoules à éclairage directionnel (que l'on appellera plus tard spots) arrivent sur le marché en France, Alain Richard s'en empare. Il crée un tube en Inox percé de fentes rectangulaires et équipé d'une douille réglable en profondeur permettant d'enfoncer l'ampoule au ras du tube. Le fil d'alimentation est extérieur et visible. L'ensemble, monté au moyen d'un élégant système de visserie sur une tige fine et chromée, peut être déplacé à l'envi.
Ce nouveau "projecteur orientable type tube" à éclairage directionnel servira à envoyer la lumière sur le mur, un meuble, une oeuvre d'art, bref, tout objet qui pourra la réfléchir tout en étant lui-même mis en valeur. Lorsque cette lampe puissante sera utilisée près du visage, on pourra lui adjoindre un brise-lumière (paralume) ou un réflecteur en aluminium adapté aux nouvelles ampoules à calotte argentée. Dans ce cas, la lumière produite sera uniquement réfléchie. Enfin, dernière option, un tube spécial de diamètre plus important permettra d'obtenir un éclairage directionnel avec une ampoule traditionnelle placée à l'intérieur. Cette base et ses déclinaisons sont ensuite proposées sur des supports en métal, Inox, chrome ou marbre de différentes tailles pour produire des lampes d'ambiance, de lecture ou de chevet, des appliques, plafonniers, lampadaires, etc. Si l'on ajoute les finitions chromées ou laquées en couleur, la possibilité de monter plusieurs lampes sur le même support, les variations de supports et l'ajout au système, au début des années 1960, d'un autre réflecteur semi-sphérique, on obtient une combinatoire quasiment infinie. Cette invention de la fin des années 1950 représentera l'ultra-modernité du luminaire des années 1960 et sera suivie, jusqu'à aujourd'hui, de centaines de déclinaisons.