Matali Crasset et sa collection de chaussures
De Jeanne Lanvin à Jean Paul Gaultier en passant par Sonia Rykiel ou encore par la jeune marque de prêt-àporter Swildens, force est de constater l'attrait que représente l'univers domestique pour les couturiers. Ces derniers empruntent de plus en plus volontiers, et avec bonheur, le chemin qui les mène de la mode à la déco. Et la réciproque est tout aussi vraie : certains designers n'hésitent plus à leur tour à signer bijoux, manteaux ou chaussures. Est-ce à dire que mode et déco ne font plus qu'un ?
"Ces liaisons ont connu diverses fortunes, constate Vincent Grégoire, chercheur de tendances pour l'agence de style NellyRodi. Cela va d'un motif de défilé qui se décline sur une tasse à thé (un travail qui s'apparente bien plus au décoratif qu'au design) à la volonté de concevoir un lifestyle proposant un vocabulaire complet, du vêtement à l'objet. Aujourd'hui, pour nombre de créateurs, stylistes comme designers, c'est effectivement d'art de vivre qu'il est question." Une transversalité reflet d'une génération qui ne voit pas de frontières entre les disciplines. Pour Vincent Grégoire, pas de doute, cette hybridation des univers ne fait que commencer. Preuve en est le travail de José Lévy, couturier devenu designer, qui, à l'occasion d'une collaboration avec Monoprix, se fait cuisinier et même maquilleur !
En photo : c'est la surprise de la rentrée : on peut désormais se chausser en Matali Crasset avant d'entrer dans un Hi Hotel meublé par ses soins ou de se laisser tomber dans l'un de ses canapés édités par Domeau & Pérès. "L'inconnu m'enchante", a-t-elle d'ailleurs déclaré à l'occasion de sa collaboration avec les Ateliers Tersi qui ne fabriquent (en France et de manière artisanale) que des collections éphémères signées par des artistes. Pour ce jeune chausseur, elle a donné naissance à une collection unique de souliers à ses couleurs. Forcément.