
"La passementerie c’est l’art du détail. C’est ce qui va donner du caractère à un décor quel qu’il soit", introduit Benoît Cordonnier, directeur Marketing et communication d'Houlès. Délaissée ces dernières années au profit de revêtements tendance, de tissus innovants et de motifs résolument graphiques, la passementerie retrouve ses lettres de noblesse. Décorateurs, architectes, designers et même particuliers s'emparent de ces productions de fils pour donner vie à des décors singuliers, personnalisés et créatifs. "Tous les articles de passementerie que l’on crée au fil des collections apportent du chic, du détail, du volume et surtout donnent du contraste aux matières et aux intérieurs. Si on imagine un ensemble de coussins en lin ou en velours, le simple fait d’y apporter des galons texturés ou de la frange mousse change tout", pointe Benoît Cordonnier. De l'embrasse que l'on met autour des rideaux, aux galons et passepoils en passant par des franges diverses et variées, les articles de passementerie personnalisent aussi bien du mobilier que des rideaux, des coussins ou des tentures murales. "Quand on voit un décor avec de la passementerie et sans passementerie on comprend vraiment tout ce que cela apporte." Le décor devient dès lors quelque chose de très personnel, reflet d'un style, d'une idée, d'une envie.
Tombée en désuétude, la passementerie revient sur le devant de la scène, pourquoi ?
Il y a beaucoup de facteurs et c’est assez différent d’un marché à l’autre mais d’une manière générale je pense qu’il y a une vraie volonté de retrouver des décors qui ont du sens, une âme et de la personnalité, de finalement sortir de l’uniformisation. Et ce que permet la passementerie c’est d’exprimer son univers, selon le style que l’on veut insuffler à son projet. Il y a également une volonté d’apporter une touche plus glamour. C’est aussi un phénomène que l'on a vu s’accentuer à la sortie du Covid car on passe plus de temps chez soi. Ce qui est intéressant c’est que l'on peut détourner la passementerie. Les décorateurs s’affranchissent des codes classiques pour l’emmener dans des univers différents. Il y a un gros travail réalisé sur les têtes de lit que l’on peut customiser pour créer des décors graphiques et apporter de la matière.

Il y a un véritable retour à la passementerie dans les projets de décoration, comment cela se manifeste-t-il ?
On a beaucoup de clients, nouveaux décorateurs, jeunes designers, architectes d’intérieur qui se réintéressent à la passementerie parce qu’on est peut-être sorti d’une certaine uniformisation. Il y a vraiment cette volonté de créer des décors qui ne ressemblent à aucun autre. L’article très tendance en ce moment c’est la frange torse que l’on avait l’habitude de voir en bas des fauteuils crapaud ou des canapés depuis de longues années. Il y a eu des modes, des tendances, c’était un peu passé et ça revient. Aujourd’hui les décorateurs réintègre la passementerie dès le début d'un projet. Quand ils vont penser à un salon, à une salle de restaurant ou une pièce particulière, ils vont par exemple créer des abat-jour et les agrémenter d’une longue frange torse tout autour, ce qui va apporter du glamour et de la personnalisation, ils vont penser leur mobilier avec du galon, avec de la frange… Ils vont avoir la nécessité d’associer leur tissu à la passementerie.

La passementerie s’adresse-t-elle aussi aux particuliers ?
Bien sûr ! Beaucoup de particuliers se sont mis à suivre des formations de tapissier/décorateur et sont à même de restaurer des fauteuils et des canapés, donc ils ont des besoins. Il y a aussi des particuliers qui suivent les tendances déco et vont avoir envie de les reproduire dans une autre mesure chez eux. Selon la nature du projet ils vont passer par un décorateur pour intégrer de la passementerie chez eux. Le particulier a cette volonté de retrouver le faire soi-même et la passementerie offre beaucoup de possibilités dans ce domaine.

Quelle est la force d’Houlès dans ce domaine ?
L’une de nos forces est d’avoir une gamme extrêmement large avec beaucoup de collections qui vont du classique à l’intemporel en passant par le contemporain. La passementerie prend des formes très variées. Il existe des créations dans des matières innovantes. On a des galons en laine, en mohair, des passementeries en cuir, des éléments de bois, de métal… On a évolué avec les tendances pour matcher avec des ensembles plus contemporains en quête d’innovation et de matière. On aura toujours une offre classique mais beaucoup de passementerie contemporaine.

Comment fait-on pour se renouveler sans cesse ?
On a différents moyens d’être toujours dans l’ère du temps et de coller aux tendances. On a ouvert il y a quelques années la possibilité à des designers extérieurs de collaborer avec nous. Ça a permis d’inviter de nouveaux univers dans notre offre à travers des collections spécifiques. Ça apporte de la nouveauté, un vent de fraîcheur dans nos gammes. C’est aussi un travail de veille permanente des tendances. Il y a beaucoup de similitude en termes de calendrier et de fonctionnement entre notre univers et celui de la mode donc on est un peu sur ces rythmes-là. On sort des collections deux fois par an, en janvier et en septembre, plus des collections capsules. Ces collections s’inspirent de tout ce qui se passe aux alentours : la mode, l’international, les salons… L’objectif est de toujours avoir une collection qui va surprendre et innover. On a aussi des demandes pour que la passementerie soit pratique et facile à utiliser, notamment de la passementerie outdoor et lavable. L’idée est qu’elle ne soit pas un frein au quotidien.
La passementerie outdoor, la future tendance ?
Ça a déjà commencé ! On attache beaucoup d’importance à décorer son intérieur mais finalement la première vision qu’on parfois des visiteurs c’est aussi l’extérieur donc pourquoi ne pas aussi personnaliser les extérieurs ?




















