Comment projeter le style Louis XIII dans l'époque et transformer le passé ? Pour ce passionné d'histoire et du XVIIe siècle, la réponse est claire. Comme "la couleur sombre d'une robe révèle sa construction et sa structure", comme il taille ses vêtements en alliant l'épure à l'insolite, il suffira d'une idée, simple, limpide. Le noir encore, et le sens de la découpe toujours... imprimeront la métamorphose de son escale bucolique. S'appuyant sur les marques originelles de l'assemblage intérieur en brique et en pierre, il choisit de souligner les éléments d'architecture référents de l'époque. L'histoire prend le large, s'affranchit sans disparaître, donnant à ces murs ceinturés par un parc d'un demi-hectare, l'allure d'une nef avant-gardiste, d'un sanctuaire, d'une fresque des temps modernes ciselée par la ligne crantée de la pierre découpée sur fond noir, qu'aurait pu inspirer Andrée Putman. Minimale, mystique, l'atmosphère est digne d'un tableau flamand, d'une oeuvre de Jan van Eyck, où la trace du noir piqué de rouge tisse ce lien mystérieux d'un étage à l'autre sur cent quatre-vingts mètres carrés. Le mobilier choisit l'épure, privilégie le style napoléon III, noir oblige... le garde-corps contemporain vient remplacer une copie en bois non authentique et tout ce qui ne l'est pas, disparaît. Dans la cuisine-salle à manger, la blondeur du plan de travail en pierre de Bourgogne soulignée par une batterie de cuisine en cuivre et les carreaux de ciment à damier du XIX e siècle jouent sur les impressions et l'éclat. Pour Marcel Marongiu, de la scénographie textile à celle des lieux il n'y a qu'un pas, "j'ai conçu ce lieu comme je dessine mes collections", conclut-il. Aujourd'hui conseiller auprès d'enseignes de mode à l'international, le créatif peint, dessine et ouvre le champ à la décoration et à l'architecture d'intérieur.
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