La terrasse ombragée de la Villa Reine Hortense à Dinard
"Lorsque la baie du Prieuré se couvre de bateaux, on sait que le printemps est arrivé", sourit le peintre Alexandre Motte, inconditionnel de la Promenade du Clair de Lune, conçue dans les années 30 pour concurrencer la Côte d'Azur, qui longe les belles villas, et se couvre de musique classique les nuits d'été. Une piste incroyable pour les joggeurs, qui jouxte les sculptures contemporaines du jardin de François Pinault. Car c'est par la mer que Dinard l'Élégante se découvre dans son aristocratique beauté. De l'Anse du Pissot à la plage Saint-Enogat, la Côte égrène ses joyaux de briques et de céramique, avec leur bow-window face à l'Océan, témoin du faste anglais au milieu du XIXe, où l'on pouvait passer d'une villa style Tudor à une fantaisie palladienne. Le journaliste Pierre Giffard témoignait au Figaro, en 1881 : "Dans le matin flamboyant, on aperçoit à perte de vue, sur la gauche, des lacs bleus et des rochers rouges. C'est l'embouchure de la Rance, la jolie rivière dont les Anglais sont tous amoureux (...) Les maisons multicolores de Dinard, encadrées dans les arbres, apparaissent au fond du tableau ; la pointe verte de la Malouine, l'oasis célèbre du duc d'Audiffret-Pasquier, forme un coin du paysage ; (...) les rochers et les îlots qui s'élèvent de ce lac paisible sont roux comme ceux de la côte méditerranéenne ; et il n'est pas de Parisien qui ne s'écrie, en contemplant cette apparition délicieusement orientale : C'est Monaco !"
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>> En photo : sur la terrasse idyllique de la Villa Reine Hortense, qui embrasse la plage de l'Écluse, on peine à quitter la table du petit-déjeuner.