"Ici, c'est un bout de terre qui se jette dans la mer. À la pointe de Pen-Hir, on a l'impression d'être sur les dernières falaises avant New York, raconte avec passion le chef doublement étoilé Olivier Bellin, de l'Auberge des Glaziks, à la partition culinaire très tripier marin. Il y a un aspect religieux très fort, mêlé au sauvage, et une grande solidarité entre les quasi-îliens. Ma philosophie de vie, c'est d'ailleurs de faire vivre un territoire, explique-t-il. Crozon, c'est sauvage l'hiver, plus oisif l'été, mais même apprivoisée, elle reste fascinante !" On est à Plomodiern, où la montagne du Ménez Hom marque la porte est de la presqu'île. Côté sacré, l'entrée de Crozon concentre en effet des joyaux tels le sanctuaire Notre-Dame de Rumengol, son calvaire du XVe siècle, sa chapelle gothique et ses retables baroques, l'église Saint-Sauveur du Faou et son porche aux apôtres en bois polychrome du XVIIIe siècle, l'enclos paroissial d'Argol... Dans chaque petit village, un calvaire qui s'élance vers le ciel. À Faou, labellisée Petite cité de caractère, des maisons anciennes à pans de bois, aux étages en saillie et savants toits d'ardoise plongent la grande rue dans l'Histoire. Une fois entrée sur la presqu'île par le pont à haubans de Térénez, tout en courbes, qui jouxte l'abbaye Saint-Guénolé de Landévennec, on se croit dans des fjords nordiques. De vieux gréements glissent parmi les phoques et les dauphins. Pascal Brisset, des Viviers de Térénez, annonce la couleur.