
Après avoir été directeur des collections d’Habitat mais aussi de Pomax, Franck Galibert revendique son parcours créatif, nourri de ses expériences et de ses voyages. Au-delà de son attachement pour le design et la maison, il s’inspire aussi du monde de l’art au sens large. La musique, la danse et toute forme de création capable de susciter une émotion. En cohésion avec l’ADN de la marque AMPM, Franck Galibert aime l’idée d’un mobilier ancré dans son époque, un style contemporain et à la fois hors du temps, capable de s’adapter à une multitude d’univers tout en étant à part. Au moment où AMPM révèle sa dernière collection outdoor comme une invitation à l’évasion, son nouveau directeur artistique partage avec nous sa vision du design, sa pièce fétiche pour l’été et les contours d’une maison de vacances rêvée.

Côté Maison : On dit de vous que vous avez un profil atypique, un parcours éclectique... après Pomax et Habitat, qu’avez-vous envie d’insuffler à la marque AMPM ?
Franck Galibert : Je suis fier de mon parcours éclectique et je le revendique comme une vraie force. J’ai construit mon regard à la croisée de plusieurs mondes : la création, bien sûr, mais aussi l’humain, la transmission, et un travail de fond sur le sens et l’usage. Mon parcours m’a appris à ne jamais dissocier l’objet de ce qu’il provoque aussi bien dans l’émotion que dans son usage au quotidien. J’ai exploré des écritures différentes du design tout au long de mon parcours, mais je crois profondément que mon travail est de transcrire l’ADN d’une marque, et de la servir, au plus juste. Aujourd’hui, chez AMPM, fort de toutes ces expériences, j’ai envie d'aller vers quelque chose de plus essentiel. Ce que je souhaite insuffler, c’est une vision encore plus incarnée du temps. Créer des pièces qui ne sont pas seulement désirables à l’instant, mais qui s’installent, qui évoluent, qui accompagnent : des objets qui traversent les saisons de vie. Je ne crois pas aux tendances rapides. Je crois aux objets justes, à leur capacité à durer et à créer un attachement. AMPM a cette profondeur. Mon rôle est de la révéler pleinement, de la rendre encore plus lisible, plus incarnée, plus essentielle.

Je ne crois pas aux tendances rapides. Je crois aux objets justes, à leur capacité à durer et à créer un attachement.
C.M. : Si vous ne deviez retenir qu’une seule pièce de cette collection estivale ?
F.G. : Sans hésitation, le fauteuil Mazai dessiné par Mathieu Debuisser, lead designer du studio design interne. C’est une pièce qui, à elle seule, raconte beaucoup de choses d’AMPM. Il y a d’abord la justesse de la ligne : rien de démonstratif, mais une présence évidente. C’est un objet comme je les affectionne, un design juste, un style intemporel et qui s’adapte à tous les intérieurs. Ensuite, le rapport à la matière est parfait, un teck comme base et une assise généreuse qui complète le tout. Confort et esthétique sont associés à leurs justes valeurs. Mais surtout, ce fauteuil a cette capacité à être hors du temps : il pourrait être dans une maison méditerranéenne aujourd’hui, ou dans un intérieur plus urbain et classique, sans jamais sembler déplacé.

C.M. : Une maison de vacances estivale signée Franck Galibert chez AMPM, cela ressemblerait à quoi ?
F.G. : Ce serait une maison qui respire la simplicité et le partage. : ouverte aux amis, simple à vivre. Une architecture simple, facile à vivre, ouverte sur l’extérieur. Des murs clairs, des volumes accueillants, et une relation très directe à la lumière. Je suis tombé amoureux de l’Ile de Noirmoutier qui serait le lieu idéal pour cette maison estivale. Je ne chercherais pas à “décorer”, mais à laisser vivre les matières : du lin lavé, des essences de bois simples mais massives, de la céramique, des textiles légers qui bougent avec l’air. L’été, pour moi, ce n’est pas l’accumulation, c'est le retrait juste, un épicurisme. Quelques pièces fortes, choisies avec précision. Un fauteuil à l’ombre d’un tilleul, une table brute, des rideaux qui filtrent le soleil.
Et surtout, une sensation : celle que le temps ralentit. C’est une maison qui ne cherche pas à impressionner, mais à accueillir. Une maison dans laquelle on reste, et dans laquelle, on profite de l'instant.





















