
Certaines collections s'assimilent à de véritables joyaux. Celle d'Akan fait partie de cette prestigieuse catégorie. Première collection de boutiques-hôtels au Maroc, Akan - qui puise ses racines dans la culture amazighe - incarne une hospitalité marocaine exigeante alliant tradition et modernité au travers de maisons enracinées dans le paysage d'Afrique du Nord. Après la Villa des Orangers, une ancienne demeure nichée aux portes de la médina, et l'Hôtel des Deux Tours, un vaste domaine au cœur de la Palmeraie, la famille propriétaire Benabbés-Taarji accueille El Fenn, une adresse iconique qui s'apparente à une galerie à ciel ouvert.
Matériaux nobles, savoir-faire artisanal marocain, influences croisées, architecture arabo-andalouse, sérénité, expériences hors du commun, service discret, tout y est. Si chaque adresse renferme sa propre histoire, Akan tisse au fil des jours un récit commun entre les trois établissements. Un récit où l'humain et l'architecture apparaissent comme les protagonistes d'une histoire sincère.
La villa des Orangers, le luxe classique
La rue, la circulation, les klaxons en direction de la Koutoubia et de la place Jemaa el-Fna et soudain, le calme. Un silence qui nous enveloppe le pas de la porte à peine franchi. Un parfum aussi, celui de la fleur d'oranger soutenu par des notes légèrement ambrées. Derrière de grandes portes en bois sculpté, la Villa des Orangers se dévoile. Riad cinq étoiles et premier Relais & Châteaux d'Afrique du Nord, cet établissement construit en 1930 au beau milieu de champs d'oliviers et d'orangers pour un notable marrakchi et sa famille s'est métamorphosé au fil des années pour devenir cette adresse confidentielle qui conjugue subtilement luxe et tradition.
L'histoire commence en 1999 avec Pascal et Veronique Behérec, un couple d'hôteliers français tombé amoureux des lieux qui a su faire de ce riad un hôtel d’exception. Entre 2003 et 2019, la villa des Orangers s'est agrandie en trois temps, ajoutant quelques chapitres à son histoire, sans la dénaturer. Passé le premier patio d'origine, où les orangers vieux d'un siècle produisent des oranges toute l'année et où les plâtres sculptés témoignent du savoir-faire artisanal marocain, on découvre un vaste jardin tracé autour d'un bassin tout en longueur, où des milliers de moineaux s'amassent à la tombée du jour. Signée Studio KO, cette partie semble pourtant toujours avoir existé. À travers les nombreux salons qui parsèment cet extérieur verdoyant qui joue sur les perspectives, les influences se croisent. Cuir d'Italie, luminaires d'Égypte, carreaux de ciment du Maroc et jarres africaines habillent les espaces qui ont une particularité : tous possèdent leur propre cheminée. Dehors et dans les 33 chambres, les murs en tadelakt s’harmonisent avec les sols en bejmat, la terre cuite de Fès.
En 2022, la Villa des Orangers trouve une nouvelle famille, la famille Benabbés-Taarji avec qui elle écrit la suite de son histoire si singulière.




L'hôtel des Deux Tours, l'oasis arabo-andalouse
L'effervescence de la ville disparaît lentement pour la quiétude de la nature. À quelques minutes de la médina en voiture, la palmeraie apparaît comme une oasis face à l'Atlas. Les chameaux se reposent aux pieds des palmiers, le temps semble ralentir. Lorsque l'on arrive à l'Hôtel des Deux Tours, pas d'entrée tape à l'œil, une simple frontière qui invite à passer de la réalité au rêve. Sur trois hectares, ce jardin d'Eden dessiné comme un village arabo-andalou par l’architecte Charles Boccara invite à se perdre. Ici, pas de signalétique pour retrouver sa chambre. On se laisse aller dans cette végétation luxuriante où chaque espace devient source d'inspiration.
Toutes singulières, les 44 chambres, suites et villas cachées ça et là dans un cet écrin de verdure optent pour la sobriété, car comme le dit le directeur Si-Mohamed "le luxe est dans les espaces vides". D'imposantes coupoles surplombent les salles de bains, les plafonds se parent de tataoui, un clayonnage de branches de roseaux utilisé comme plafonds traditionnels dans les anciennes Kasbahs du sud, et les pièces de mobilier soigneusement sélectionnées, comme des luminaires de Murano, apportent une touche de modernité à l'ensemble. Dans le restaurant, l'architecture arabo-andalouse donne envie de se plonger dans l'histoire du lieu.
Si l'on se perd dans le jardin des Deux Tours, on découvre avec stupeur un atelier de barbier en pleine nature gardé par un paon majestueux, un lit à baldaquin d'époque au milieu de la pelouse, une ancienne roulotte pour le pique-nique du midi, et l'incroyable potager de l'hôtel, précieux refuge du chef, où l'on peut dîner entre mille et une bougies. Deuxième acquisition d'Akan après la Villa des Orangers, l'Hôtel des Deux Tours prend la forme d'un songe.




El Fenn, le Riad ultra vitaminé
Dernier né de la collection marocaine Akan, El Fenn apparaît comme "le fils fou" du trio comme se plaît à le dire Eros Abrile, COO d'Akan. Coloré, festif, avec un parti pris déco audacieux, El Fenn devient l'adresse artistique idéale pour les esprits créatifs. Il suffit d'entrer par la boutique du Riad pour le comprendre. Au beau milieu de créations maison et œuvres de jeunes designers marocains utilisant des techniques artisanales ancestrales s'étire un vaste escalier en spirale qui conduit au rooftop, une terrasse perchée et branchée. Le rouge signature d'El Fenn se déploie vivement, sur les coussins et les fauteuils comme au mur. Depuis les tables qui bordent de près ou de loin la petite piscine de toit, on admire la Koutoubia et l'Atlas tel un tableau grandeur nature.
En bas, loin de l'agitation, le patio principal semble apaisé. Plus de musique ni de claquements d'assiettes, mais le son presque hypnotisant des feuilles de palmiers qui s'agitent avec le vent. C'est là toute la magie d'El Fenn : un Riad animé et reposant à la fois. Conçu patiemment au fil des années, El Fenn s’étend aujourd’hui sur huit riads interconnectés, réunis sous un même toit depuis sa dernière extension en 2022.
Si dans les espaces de vie on passe d'un couloir immaculé de rouge à un patio ocre, la couleur transforme aussi les 41 chambres et suites avec audace. À elle s'ajoute du mobilier mid-century, des matériaux nobles, des sols en cuirs cousus à la main, des baignoires en cuivre au pied du lit et évidemment, des œuvres d'art. Car El Fenn figure parmi les pionniers des hôtels d’art au Maroc et abrite l’une des plus importantes collections d’art contemporain du pays. Le Riad à notamment exposer les oeuvres des artistes Rita Alaoui, Sophia Kacimi et Abdellah Karroum dans le cadre de 1.54 Art Fair. À El Fenn, l’élégance contemporaine dialogue avec l’âme marocaine, sans jamais l’effacer.




Les expériences à ne surtout pas louper
La Villa des Orangers : Le hammam dans l’intimité feutrée du spa.
L'Hôtel des Deux Tours : Le dîner intimiste À l'abri des regards.
El Fenn : L'exposition d'art contemporain du moment.




















